LE GAINSBOROUGH DE GAINSBOURG

« Quelle nostalgie, me textote mon vieux pote Ulysse, en me transmettant cette archive de l’INA, « quelle nostalgie de revoir ce playback autour d’un piano ouvert (ah, la téloche des années 70) et de réécouter en leur donnant un sens nouveau les paroles de cette chanson, en ce dimanche d’été où le Gainsborough de Gainsbourg est elle aussi partie pour une autre traversée.. »

Et il a raison, le bougre! Ah la nostalgie des années 60 que ni lui ni moi n’avons vraiment vécues (nous n’étions que des enfants), lorsqu’elles avaient le sourire de Jane B. susurrant le refrain de « 69, année érotique ».

« Moi et mon Velazquez, tu sais que nous ne sommes pas croyants », continue-t-il quelques minutes plus tard dans un deuxième message assorti d’un deuxième lien, « mais je suis sûr qu’elle ferait bien comme moi une petite prière pour que ces deux-là se retrouvent ensemble sur le ferry divin vers l’éternité et qu’ils échappent définitivement à tous les maléfices, notamment ceux que Gainsbarre leur avait infligés ici-bas. »

Il m’envoie un troisième message, avec juste un émoticône larme, et je me dis qu’il est peut-être vraiment sur le point de pleurer, ce vieux patou que je ne savais pas aussi sentimental. Alors je lui réponds que c’est triste, oui, mais que, désormais, Jane et son Serge gardent une petite cabine réservée dans nos coeurs, pour continuer à enchanter nos propres traversées. Comme le chantait quelqu’un d’autre, « longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes… »