LAICITE


Mercredi 26 août 26


1.

Le 26 septembre 2026, le pape Léon XIV, chef du christianisme catholique, célébrera une messe sur l’esplanade de la Concorde, avec la bénédiction des autorités républicaines, la couverture des media Bolloré et l’indifférence du reste de l’opinion publique.

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2.

Le 2 octobre 2026, le grand mufti d’Al-Azhar, Ibrahim Abdel-Karim Allam, l’un des chefs de l’islam sunnite, célébrera la prière du vendredi sur l’esplanade de la Concorde, avec la bénédiction des autorités républicaines, la couverture des media Bolloré et l’indifférence du reste de l’opinion publique.

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Quoi?

https://www.marianne.net/agora/humeurs/u-ne-messe-celebree-par-le-pape-place-de-la-concorde-et-puis-quoi-encore

CANICULES


Dimanche 28 juin 26

1.

Dans ce deuxième épisode caniculaire, après celui précoce de mai, où les températures montent jusqu’à 42° et ne descendent pas au-dessous de 30° la nuit, ils sortent leur bébé tôt le matin, et, le reste de la journée, se relaient auprès de lui les volets fermés, les fenêtres closes, le ventilateur branché en permanence.

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2.

Dans l’obscurité de l’après-midi brillent les écran de leurs smartphones : elle regarde une vidéo d’actualité ancienne proposée par l’INA où, à la fin des années 90, des Parisiens se plaignent d’une canicule à 31° ; pendant ce temps, il lit un article prospectif où l’on tente de prévoir les mesures à prendre pour résister aux canicules à 50° qui s’abattront sur la France dans vingt ans.

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Quoi?

LE TSAR ANTISEMITE ET LE MINISTRE ISRAELIEN

Août 25

1.

Le tsar Alexandre III, fervent orthodoxe favorable aux pogroms ensanglantant ce qui n’était pas encore l’Ukraine, prévoyait dès 1882 de régler le « problème juif » par la politique des « trois tiers » : « un tiers des Juifs sera massacré, un deuxième tiers se convertira, un troisième tiers sera bien forcé d’émigrer. ».

+

2.

Le ministre israélien d’extrême-droite, Benazel Smotrych (dont le patronyme vient de la ville d’Ukraine où habitaient sans doute ses ancêtres aux temps du tsar Alexandre), juif fervent favorable à l’éradication de Gaza, prévoyait dès 2017 de régler le « problème palestinien » par la politique des « trois solutions » : « soit les Palestiniens restent dans le grand Israël sans avoir le droit de vote, soit ils émigrent (en recevant pour cela une aide généreuse de l’état d’Israël), soit, s’ils se révoltent, ils sont massacrés. ».

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Quoi?

FEMMES ACTUELLES


Samedi 09 août 25

1.

La comédienne Anna Mouglalis jouera à la rentrée au Théâtre de l’Atelier La chair est triste, hélas d’Ovidie, dont l’une des phrases choc est la suivante : « Oui, nous, hétérosexuelles, sommes des putes gratuites, que nous nous vendions à un seul homme ou à la masse. ».

+

2.

Une femme entièrement dissimulée sous une longue robe noire, les cheveux voilés, le nez et la bouche couverts d’un masque anti-covid, vient retirer une pizza à emporter à la pizzeria Romanella, accompagnée de son mari et de son fils, tous les deux en short et tee-shirts.

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Quoi?

ANTI ELON


Lundi 4 août 2025

1.

Dans l’avenue Felix Faure (Paris 15ième), l’arrière d’une berline Tesla blanche arbore, bien en vue, un autocollant :

« Anti Elon Tesla Club ».

+

2.

Le constructeur automobile Tesla a annoncé une baisse de 16 % de son bénéfice net pour le deuxième trimestre et a aussitôt accordé à Elon Musk un complément de rémunération de 29 milliards de dollars.

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Quoi?

MASCULINISME/MISANDRISME


25 mai 2025

1.

L’entrepreneur Mark Zuckerberg, pour justifier la suppression de toute politique inclusive dans ses entreprises, a déclaré : « L’énergie masculine est bonne. Elle est partout dans la société mais le monde de l’entreprise est culturellement émasculé. Je crois aux mérites d’une culture qui valorise l’agressivité. ».

+

2.

La philosophe Camille Froidevaux-Metterie écrit dans le Monde qu’« on peut parfaitement être misandre et vouloir impliquer les hommes dans les luttes féministes » .

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Quoi?

MARGUERITE ET LA BEAUTE DU MONDE

Mercredi 3 janvier 2024

Sur la façade du lycée Saint Marc rue Sainte-Hélène à Lyon, une deuxième plaque commémorant le souvenir de Marguerite Buffard-Flavien est venue compléter et préciser celle que le citoyen Lambda regardait sans vraiment lui prêter attention dans son adolescence. Les deux plaques sont intéressantes sur l’évolution des mentalités et de la mémoire de la Résistance, notamment la précision que cette résistante FTP n’a pas été arrêtée par la Gestapo mais par la Milice ou le fait que son nom de jeune fille ait été ajouté avant celui de son mari.

Magnifique figure de femme libre que cette Marguerite d’il y a quatre-vingt ans, sur laquelle Lambda prend le temps de méditer ce matin. Il trouve trace d’elle et de son ferme visage sur Wikipedia et dans une notice de l’ANACR.

Originaire du Jura, fille de deux instituteurs, élève de Jean Lacroix à la khâgne de Lyon, philosophe anti-fasciste et résistante, exclue de l’éducation nationale pour communisme, exclue du parti communiste pour trotskysme, plusieurs fois enfermée dans des camps, où elle donnait cours à ses camarades, évadée, ouvrière, paysanne, amoureuse de la vie, amusée par le fait qu’elle devait changer d’apparence dans la clandestinité, en mettant des robes fantaisie et du rouge à lèvres pour paraître le contraire de ce qu’elle était. Revenue à Lyon en mission pour les FTP en avril 44, elle y retrouve Simone, sa sœur (?) et se débrouille pour trouver un coupon de tissu rose afin de fabriquer une jolie robe à sa petite nièce. Trahie par un agent de liaison, arrêtée le 10 juin, torturée pendant trois jours dans les locaux de l’ ancienne école primaire de Lambda qu’occupait la Milice du sinistre Paul Touvier, elle préfère le 13 se jeter par la fenêtre, comme Brossolette, plutôt que de parler. Elle n’avait pas encore tout à fait trente-deux ans. Elle écrit dans une lettre :

« La beauté du monde est une grande chose, les fruits de la culture aussi. Ce sont des dieux auxquels il serait doux de consacrer sa vie, s’il n’y avait pas tant d’injustice parmi les hommes ».

Ces deux phrases paraissent au Citoyen aussi essentielles en 2024 qu’en 1944. Goûter dès aujourd’hui la beauté du monde, que nous mettons en péril, goûter encore et toujours les fruits de la culture mais ne pas oublier qu’il y a tant d’injustices parmi les hommes, lutter pour qu’il y en ait moins, même plus modestement que cette noble Marguerite Buffard-Flavien.

Il se demande aussi : quelle pensée, remplaçant le communisme des années 40 auquel cette femme a voué sa vie, pourrait nous redonner l’espoir de voir advenir un monde meilleur, le courage de se retrousser les manches en ouvrier du changement et la conscience solidaire de l’universel ? Elle est encore à naître, sans doute, mais il ne faut pas trop qu’elle tarde. Aider à son éclosion, se dit-il, peut être une tâche.

HERE COMES THE SUN

Lundi 1er janvier 24

Little darling

It’s been a long cold lonely winter

Little darling

It feels like years since it’s been here

Here comes the sun

Here comes the sun

And I say

It’s all right

Ma petite chérie

C’est un long et rude hiver de solitude

Ma petite chérie

On dirait qu’il est là depuis des années

Mais voilà le soleil

Voilà le soleil

Et je dis

Tout va bien

Comment se fait-il que cette chanson sortie en 1970 tourne en boucle dans ma tête ce début 2024 ?

Comment se fait-il que cette chanson de la venue du printemps me hante en ce début d’hiver ?

Comment se fait-il que ces paroles si simples me paraissent si profondes ?

Comment se fait-il que cet air me donne envie de chanter et de danser dès le matin à moi qui ne sais ni chanter ni danser ?

QUARANTE DEGRES SOUS ZERO

Jeudi 15 décembre 23

Le choc Munstrum Théâtre.

D’abord celui de découvrir, à partir de deux pièces, l’écriture de Copi, subversive, bouffonne, délirante, mais dégageant aussi pour le spectateur d’aujourd’hui la nostalgie d’une époque révolue de liberté rageuse, où la provocation n’avait pas pour but de faire le buzz sur les réseaux sociaux mais d’ouvrir de force les esprits et la société. Dans la deuxième, Les quatre Jumelles, Copi va encore plus loin que dans la première, L’homosexuel ou la difficulté de s’exprimer, en faisant exploser même la façon traditionnelle de raconter une histoire à travers une accumulation de scènes répétitives et parodiques de thriller policier, où les quatre jumelles en question passent leurs temps à s’insulter, se shooter, s’entremassacrer et… ressusciter aussitôt dans une allégresse panique. Une pièce carrément « injouable ».

Pourtant le Munstrum non seulement joue Copi mais le transcende. Il n’enlève rien à ces deux pièces de leur charge trash, mais par l’urgence et la précision de son travail sur le rythme, sur les masques, les costumes bouffons, les éclairages, la musique, il les amène vers des contrées inexplorées de poésie onirique.

La deuxième pièce, notamment, fait halluciner Ulysse. Dépassant la répétition mécanique de ces exécutions bouffonnes, le Munstrum le fait assister à la progression linéaire d’une agonie. « Je sens que je suis en train de mourir » s’exclament sans arrêt les personnages et c’est cette phrase que le Munstrum prend au sérieux : à travers le mécanisme bloqué de la mort qui vient, on finit par prendre pied dans le grand froid de l’au-delà, jusqu’au dépouillement ultime où les personnages (ou les comédiens) débarrassés de leurs oripeaux et de leurs rembourrages posent leurs masques sur le sol et montrent leur vrai visage. Voilà, se dit Ulysse, ce que nous montre Copi vu par le Munstrum : le jour de notre mort.

Il ne découvre qu’aujourd’hui cette compagnie incroyable du Munstrum Théâtre, fondée en 2012 par Louis Arene et Lionel Lingelser. Les deux se sont rencontrés au Conservatoire dans le cours de masque de Mario Gonzalez ( ils ont gardé la liberté du masque sans le corset de la commedia dell’arte), puis ils ont réuni autour d’eux d’autres comédiens dans l’orbite d’Omar Porras, dont ils ont assimilé le mélange de grotesque et de poésie (vu par exemple dans La visite de la Vieille Dame) pour le faire servir à leur propre univers, totalement original.

Ils annoncent un MacBeth, où ils projettent d’« affronter les ténèbres d’aujourd’hui » mais aussi de « réaffirmer la joie », comme le déclare Louis Arene lors du bord de plateau qui suit la représentation. Ok, pour voir ça, un MacBeth revisité par le Munstrum, Ulysse est prêt à faire le voyage à pied jusqu’à Mulhouse, voire même jusqu’à la lande des sorcières.

Troisième fois cette année qu’Ulysse va au Théâtre 71 : Howl 21-22, Les Forteresses, Quarante degrés sous zéro. Wahou ! Trois propositions complètement différentes mais très fortes. « Bravo, se dit Ulysse, à Armelle Vernier et à toute son équipe, pour ces trois soirées décapantes et poétiques qui ont illuminé de trois éclairs de théâtre un sombre automne. ».

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