LA POSTFACE DE LA SERVANTE ECARLATE

Samedi 4 septembre 21

Margaret Atwood y parle de son journal qu’elle tient régulièrement. En relisant la période concernant l’écriture et la publication de son roman, elle constate avec humour qu’elle y trouve des « pleurnicheries » habituelles d’écrivain épuisé par le labeur mais aucune réflexion sur la structure ou les intentions du chef d’oeuvre qu’elle est en train de créer. Elle n’a pas besoin de s’interroger sur ce qu’elle écrit tant elle est sûre d’elle-même.

Mais, quelques pages plus loin, elle évoque les trois choses qui l’ont longtemps intéressées et « qui se sont assemblées durant l’écriture de ce livre ». Je suis frappé par cette phrase : ces intérêts esthétiques, politiques, sociaux, ils s’assemblent d’eux-mêmes, sans peut-être que l’autrice en soit tout à fait consciente, dans le processus d’engendrement du texte qui lui paraît pourtant si évident qu’elle ne l’interroge pas sur le moment.

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LA SEINE LA NUIT

Des dizaines de bateaux

Bateaux de loisir, bateaux de croisière, bateaux restaurant

Pas une seule péniche à cette heure

Rien que des transports à moteur de plaisir

Laissant de leur éphémère passage un roulis, des flons-flons, et une odeur de pétrole

Il y a même un bateau-boîte

Qui passe toutes baies vitrées ouvertes

Des gens bien habillés s’y trémoussent et s’y exhibent

Conscients d’être des privilégiés

Sous les arches des ponts les statues

Trempent un orteil nonchalant

Dans la fraîcheur de cette fin d’été et de semaine

Ou se dénudent le sein discrètement

Sur les berges

Les quatre berges qui longent l’île de la Cité et l’Ile Saint-Louis

Des dizaines, des centaines, des milliers

De jeunes et peut-être de moins jeunes

Silhouettes font la tête

Gratuitement

Assises sur le quai

Debout autour de DJs improvisés

Les ombres dansent la salsa

Le madison ou le n’importe quoi

Les jeunes ombres boivent, elles bavardent et péchotent

Un ou deux garçons même, en caleçon, piquent une tête dans l’eau

Pour épater des filles

Qui ne les regardent pas

Ils boivent une bonne tasse de gaz oil aux déjections

Et de revigorante liberté

La rumeur infinie des voix humaines se mêle au flux du fleuve

Cette nuit sur les berges de la Seine

Le virus doit circuler à une vitesse folle

Que fait la police ? Rien

Au moins ça évitera des noyades

C’est le virus de la fête et le virus de la paix

C’est le virus de la vie

C’est un immense centre de vaccination contre la déprime

On y recherche l’immunité collective par les contacts rapprochés et les embrassades

EXILES

Mardi 17 août 21

Les pas lents d’un homme qui marche
Qui marche depuis longtemps, qui marche depuis toujours
L’Exilé
Le bruit de la mer sur le rivage
Le bruit du sang sur les tempes
Le bruit du temps
L’Exilé marche vers son but
Malgré tout, malgré nous
Jusqu’au jour lointain où il l’atteindra
Parmi nous malgré nous

L’article de Qobuzz m’apprend que, pensant à la crise des migrants, Richter a réorchestré « Singulière Odyssée », composé pour les chorégraphes du Nederland Dans Theater, et certains autres de ses morceaux anciens. Il a confié sa musique au Baltic Orchestra : celui-ci rassemble « des musiciens issus de pays entourant la mer Baltique, brisant les lignes des anciens blocs de l’Est et de l’Ouest, et qui jouent de mémoire, sans partition ».

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VIVE LE SPORT COLLECTIF, VIVE L’EPS!

Mon ami le Bûcheron se félicite que des sportifs de haut niveau réagissent pour protester (même en massacrant l’orthographe). « Mais, ajoute-t-il, si vous connaissez des profs d’EPS, vous pouvez aussi leur demander ce qu’ils pensent de ce tweet : juste pour voir s’ils vont plus ricaner ou hurler de rage… »

Le Citoyen Lambda, lui, est certain d’une chose :

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MIRACULEUSE ANNETTE

Dimanche 11 juillet 21

Des plans de fou, à la Carax. Des séquences virtuoses, qui ne sont pas gratuites (ce que l’on pouvait jusque là lui reprocher) mais qui servent l’histoire. Les deux plans séquences shakespeariens du prologue et de l’épilogue. Les envolées à moto. La tempête. La séquence où la soprano s’égare dans la forêt. Le récit par le comique du meurtre de sa femme (le moyen qu’il invente fait qu’on se tient en équilibre sur le fil entre le tragique et le grotesque). Le duo final entre le père et la fille, si implacable. Evidemment le jeu sur la représentation de l’enfant (je n’en dis pas plus).

Rien que de repenser à ce film ma bouche s’arrondit de stupeur.

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