Tous les articles par christophe bouquerel

Ecrivain, professeur, je m'intéresse au théâtre, au cinéma, au sport, à la politique, à la poésie,au sel et au poivre de la vie, à son miel aussi.

LE BAISEr DE SAINT-PIERRE

Jeudi 13 février 20

Ce matin visite guidée au Vatican.

Parmi les Français, deux jeunes types, un grassouillet et un petit mince, l’air d’ados attardés, coiffures de joueur de foot, rivés à leurs jeux sur leurs portables et à leurs clopes. Ce que notre pays  a à offrir de plus bête et de plus banal.

Mais ils se révèlent plus drôles que je ne pensais.

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LE COLISEE APRES LE COLISEE

Mercredi 12 février 20

Délicieuse matinée de soleil passée dans le Colisée, quelques heures de printemps en plein hiver. Les yeux fermés au milieu des touristes, j’en oublie même de prendre des photos. Je suis bien le seul.

C’est moins le site qui m’intéresse que l’exposition présentée au premier étage (et qui n’existait pas la dernière fois que je suis venu, il y une dizaine d’années). Elle permet de rêver à la réutilisation de l’amphithéâtre selon les époques.

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THE NEW POPE

Mardi 4 février 20

Le meilleur moyen de préparer notre voyage à Rome, et  notamment notre visite aux musées du Vatican, nous paraît être de regarder la deuxième saison de la série de Sorrentino (encore plus dingue, esthétisante et complexe que la première saison ?).

A moins que ça ne soit désormais le contraire : le voyage réel comme moyen de rester encore un peu dans l’univers de la série ?

LES EXPOSES SEXISTES

Lundi 3 février 20

Civilisation en cours de grec. Le tout nouveau « portfolio ». Les filles élisent en grande majorité, comme le professeur Normal l’avait anticipé, le thème masculin/féminin, et les trois garçons décident de s’attaquer au thème « Méditerranée » parce qu’il permet de parler… des guerres. Notamment les guerres médiques. Pourtant, dans la présentation du thème, le professeur avait insisté sur les points de rencontre entre les civilisations, en ne mentionnant que d’une phrase les conflits.

On a beau essayer de leur prôner que la séparation des genres n’est qu’une ineptie sexiste, ils ne nous écoutent pas. Quand on les laisse libres, ils nous démontrent avec une belle constance (et même si ça ne nous convient pas) que les centres d’intérêts des filles et ceux des garçons ne sont toujours pas les mêmes. Ceci après cinquante ans de mixité militante. Le conformisme de ces jeunes est vraiment agaçant, se dit le professeur Normal, c’est à pleurer! Il choisit vite : il en rit. D’ailleurs, les élèves, filles et garçons, en rient volontiers avec lui, une fois qu’il leur a fait constater le sexisme de leurs choix. Tous en rient mais aucun ne change de sujet. Normal se console en se disant qu’ils se seront au moins mélangés dans ce rire sur leurs cloisonnements.

ANGELS IN AMERICA

Vendredi 31 janvier 20
Comme d’habitude, la Comédie Française a placés les élèves en corbeille. Près de la scène mais tellement sur les côtés que l’on ne voit rien quand le jeu ne se situe pas au centre du plateau. Cette institution aurait-elle du mal à considérer qu’il faut installer dès aujourd’hui dans les meilleures conditions le public de demain ?
La mise en scène de Desplechin est intéressante mais elle ne provoque pas le même choc que la version de Brigitte Jaques il y a trente ans : l’impression de se trouver en face d’une œuvre qui exprimait la complexité de notre présent, et qui, par sa forme même (les split screens) parvenait à faire se rencontrer l’Histoire collective et l’histoire intime, les délires de l’anticipation politique et les hallucinations du mal d’aimer.

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Desplechin a beaucoup coupé dans le texte de la pièce-fleuve de Kushner, pour le réduire de moitié et le recentrer sur les relations amoureuses entre les quatre personnages principaux. Ca fonctionne mais ça ne bouleverse pas. Pourquoi ?

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