Archives du mot-clé musique

SchvédranneProject

La rencontre improbable entre les mots de Gilles B. Vachon, vieux sage qui médite désormais après bien des détours sur les hauteurs grenobloises de son Gange intérieur, et la musique d’Antoine Colonna, jeune chat efflanqué qui strie de son énergie les nuits technos de Lyon et d’ailleurs.

Rencontre improbable et donc efficace. Car seuls les mélanges sont explosifs.

Stupeur et tremblement 20ième. J’aime la façon dont la musique ici soutient et amplifie la profération poétique sans l’annihiler, partant avec elle d’un simple moment banal du quotidien (une file d’attente devant un cinéma) pour se projeter dans les nuages de la vision cosmique, avant l’inévitable redescente.

A écouter un peu fort évidemment.

A Rock Star Bucks A Coffee Shop

Un petit coup de pub gratuit pour Monsanto et Starbucks, de la part de ce cher vieux hippy de Neil Young et de ses nouveaux petits camarades de Promise of the Real.

If you don’t like a rock star bucks a coffee shop
Well you better change your station cause that ain’t all that we got
Yeah, I want a cup of coffee but I don’t want a GMO
I like to start my day off without help of Monsanto
Mon-san-to, let our farmers grow
What they wanna grow

Si tu n’aimes pas qu’une rock star tape sur une chaine de cafés
Il vaut mieux que tu changes de station parce que c’est pas la seule que nous ayons
Je veux bien une tasse de café mais je veux pas d’OGM
J’aime bien commencer ma journée sans l’aide de Monsanto
Mon-san-to laisse nos paysans semer
Ce qu’ils veulent!
From the fields of Nebraska to the banks of the Ohio
Farmers won’t be free to grow what they wanna grow
If corporate control takes over the American farm
With fascist politicians and chemical giants walking arm in arm
Mon-san-to, let our farmers grow
What they wanna grow

Des champs du Nebraska aux berges de l’Ohio
Les paysans ne seront pas libres de semer ce qu’ils veulent
Si la grande industrie prend le contrôle des fermes américaines
Avec des politiciens fascistes et des géants de la chimie marchant bras dessus bras dessous
Mon-san-to laisse nos paysans semer
Ce qu’ils veulent!

When the people of Vermont voted to label food with GMOs
So they could find out what was in what the farmer grows
Monsanto and Starbucks grew the Grocery Manufacturers Alliance
It sued the state of Vermont to overturn the people’s will
Monsanto — and Starbucks — mothers want to know
What they feed their children
Mon-san-to, let our farmers grow
What they wanna grow

Quand le peuple du Vermont a voté un label pour la bouffe OGM
Afin que l’on sache ce qu’il y avait dans ce que semaient les paysans
Monsanto et Starbuck ont semé l’Alliance des Industries de l’Alimentation
Et elle a fait un procès à l’état du Vermont pour rejeter la volonté du peuple
Monsanto -et Starbucks- les mères ont envie de savoir
Ce qu’elles donnent à leurs enfants
Mon-san-to, laisse nos paysans semer
Ce qu’ils veulent!

L’ensemble de l’album, « Monsanto Years », dépote bien. Du bon vieux rock bien électrique, bien carré, bien accrocheur, bien engagé. Sorti tout droit, pour mon plus grand bonheur, des années 70. Dans les ballades, par exemple la belle « Wolf Moon », la voix du Loner a plus que tendance à déraper, mais ce n’est pas grave, ça fait plaisir de voir comme ce septuagénaire est toujours sur la brèche. Et comme la perspective de la grande bagarre à mener contre les marteaux de l’industrie pour défendre la fragile maison commune a l’air d’avoir resserré son énergie. Autre protest song à écouter en boucle en allant aux manifs cet hiver lors de la COP21, la chanson qui donne son titre à l’album : « The Monsanto Years » (j’adore la façon dont, dans toutes ces chansons, il fait sonner avec une ironie lyrique le beau nom honni de Monsanto). Ce qui prouve qu’armé de bons sentiments, on ne fait pas toujours de la mauvaise musique…

(PS : la traduction a été établie avec l’aide de Mlle Manon Murray, que je remercie chaleureusement. Etant donné que, d’après mes souvenirs, elle n’aime que Britney Spears, elle a dû être surprise d’aider son vieux professeur de français à traduire du Neil Young. Comme quoi la pratique des langues mène à tout. Comme quoi aussi, contrairement à ce qu’on dit, les jeunes d’aujourd’hui sont plein de bienveillance envers les papis…)

Currency of man

Découverte de voix féminines puissantes. Après celle de Nadine Shah, celle de Mélody Gardot. D’une rauque élégance mais traversée parfois, comme ici, par des inflexions un peu rageuses à la Janis Joplin. Les chansons de l’album « Currency of man » sont d’une belle diversité.  Jazzy très souvent, mais aussi soul (comme sur ce « Same to you » et sur « Don’t talk »).

Ou presque blues. « Preacherman », chanson magnifique et clip inspiré que tu pourras voir ici.

Et puis il y a ce « Burying my troubles » qui ferme l’album, ou plutôt qui l’ouvre, et qui transporte mon Ulysse dans des abîmes de mélancolie alcoolisée. Tu pourras l’écouter (à 1:16)

 

Nadine Shah et le diable de la ville morose

 

Alors que paraît le second album de cette demoiselle Shah, Nadine de son prénom, Ulysse découvre (avec un an de retard) ces deux pépites, deux magnifiques versions de chansons du premier album, « Love your Dum and Mad ». En allant s’endormir après les avoir écoutées en boucle, se demande Ulysse, quel diable, quelle diablesse, dans quelle ville nocturne peut-on rencontrer en rêve? Il sera bien temps, demain, de chercher à en savoir plus sur cette étrange voix