EXILES

Mardi 17 août 21

Les pas lents d’un homme qui marche
Qui marche depuis longtemps, qui marche depuis toujours
L’Exilé
Le bruit de la mer sur le rivage
Le bruit du sang sur les tempes
Le bruit du temps
L’Exilé marche vers son but
Malgré tout, malgré nous
Jusqu’au jour lointain où il l’atteindra
Parmi nous malgré nous

L’article de Qobuzz m’apprend que, pensant à la crise des migrants, Richter a réorchestré « Singulière Odyssée », composé pour les chorégraphes du Nederland Dans Theater, et certains autres de ses morceaux anciens. Il a confié sa musique au Baltic Orchestra : celui-ci rassemble « des musiciens issus de pays entourant la mer Baltique, brisant les lignes des anciens blocs de l’Est et de l’Ouest, et qui jouent de mémoire, sans partition ».

Dans cet article, je suis frappé par trois citations éparses du musicien :

Quand j’ai vu qu’il n’y avait aucun retour, je me suis dit : OK, personne n’écoute, ça veut dire que je peux continuer à faire exactement ce que je veux parce que tout le monde s’en fout. Et c’est devenu mon attitude depuis. »

« J’essaye de faire une place à l’auditeur, je cherche à utiliser un langage simple et direct. Ce qui ne veut pas dire que c’est de la musique simple : ça veut dire que j’ai beaucoup travaillé pour qu’elle paraisse simple.

et puis

C’est ce que disait Nina Simone : il est du devoir d’un artiste de refléter le monde dans lequel nous vivons.”

L’artiste qui crée pour lui-même ; l’artiste qui crée pour l’auditeur ; l’artiste qui crée pour le monde : chacune de ces phrases définit une position d’artiste en soi. Quand on les rapproche, elles ouvrent un champ de contradictions extraordinairement fertiles.