UNE EPROUVANTE SEMAINE D’ADAPTATION

Mardi 1er septembre 26


Après plusieurs mois passés en permanence l’une avec l’autre, elle doit s’habituer pour la première fois à laisser partir sa fille.

N’est-ce pas ainsi, tout autant que le jour où elle l’a mise au monde, qu’elle devient véritablement mère ? Alors que ses hormones l’ont placée le jour comme la nuit en un état d’hypervigilance, voilà que la société, voilà qu’elle-même et le bien futur de son enfant lui demandent exactement le contraire : relâcher sa surveillance, lâcher prise.

Même si elle savait tout cela, c’est éprouvant.

Plusieurs mois après être arrivée sur terre, elle doit s’habituer à passer la journée sans sa mère chez une nounou.

Dans trois ans ce sera l’école. L’adolescence. Le départ à l’âge adulte. Un travail, des amours. Peut-être un enfant à son tour ou pas, ou deux, ou trois, qu’elle nourrira, puis devra peu à peu voir partir. Sans oublier la ménopause. La vie est une suite d’adaptations permanentes qui sont aussi une suite de déchirements nécessaires. Vue ainsi, depuis le jour où l’on naît, la vie n’est qu’une adaptation à cette fin, ou ce passage, en tout cas ce départ, qu’est la mort.

Même si elle ne sait encore rien de tout cela, c’est éprouvant.