Samedi 13 janvier 24
Le premier bonheur de cinéma de l’année 2024.
Et le fait que ce film ait été recommandé à ULysse par sa propre fille le lui rend encore plus cher.
Samedi 13 janvier 24
Le premier bonheur de cinéma de l’année 2024.
Et le fait que ce film ait été recommandé à ULysse par sa propre fille le lui rend encore plus cher.
Ulysse a bien aimé l’idée qu’a eue cette année le musée d’Orsay de faire dialoguer sur des thèmes communs les œuvres des deux amis et rivaux, ce qui permet de se faire une idée de leur différence d’approche. Par exemple lorsqu’ils peignent une femme qui, ô scandale, à l’époque, boit seule dans un café.
La vision de Degas est la plus célèbre : on la trouve dans pas mal de manuels scolaires, à juste titre, car le tableau tient un discours expressif sur cette femme incapable d’articuler le moindre mot, tant elle est hébétée (et sur son partenaire de boisson, voire de lit, repoussé dans un coin). Moins une coupable d’alcoolisme, comme devaient sûrement le penser à l’époque les gens bien intentionnés, que la victime d’un ordre social. On est sur une banquette de l’Assommoir.

Ulysse a toujours cru d’ailleurs que « l’Absinthe » était une scène saisie sur le vif, qui témoignait de la déréliction d’une simple femme du peuple, ou une prostituée, noyant sa misère dans l’alcool. Il apprend qu’en fait, il s’agit d’une scène artificielle, où, en 1875, Degas a fait poser à la Nouvelle Athènes, place Pigalle, le café à la mode des peintres impressionnistes, une de ses modèles, Ellen Andrée, et un ami peintre, Marcellin Desboutin.
Entre parenthèses, ces deux modèles ne manquent pas d’intérêt. Ellen Andrée s’appelait moins chiquement Hélène André. Bien que fille de bonne famille, elle fréquentait les cafés, et notamment la Nouvelle Athènes, où elle rencontra Degas. Elle causera deux ans plus tard un joli scandale en osant une pose lascive pour le Rolla de Henri Gervex (il faut aller la voir), ce qui lui permettra de lancer sa carrière théâtrale (la fine mouche a alterné entre le théâtre naturaliste et le vaudeville) et pour pas mal d’autres peintres. Elle n’avait pas froid aux yeux ni la langue dans sa poche : elle a accusé Degas d’avoir rajouté un verre d’absinthe, car Desboutin n’en buvait pas plus qu’elle, et s’est exclamé : « Nous avons l’air de deux andouilles ! ». Elle n’avait pas dû saisir qu’elle posait pour un tableau de mœurs.
Marcellin Desboutin, lui, non plus n’avait rien d’une épave sociale. De noble naissance par sa mère, il signait parfois baron de Rochefort et avait acquis à trente-cinq ans une belle propriété près de Florence, où il recevait fastueusement la bonne société, plus Degas. Presque ruiné par le krach de 1873, ce prince de bohème fut quand même obligé de travailler, ce qui l’amena à devenir, il en fut peut-être le premier surpris, un graveur de talent. Il fréquentait lui aussi la Nouvelle Athènes.
L’année suivante, en 1876, Manet fait poser lui aussi cette chère Ellen, dans « La prune », mais pour dire quelque chose de tout à fait différent, sur la société et sur la féminité :

Si Degas exprime la violence d’un destin social, Manet est plus discret, mais finalement pas moins provocateur, quand on y regarde : j’aime, sous les grands yeux plus étonnés qu’hébétés, l’esquisse de sourire, et puis la cigarette à la main, le rose délicat de la robe, le joli tortillon fumeux de la coiffe du chapeau. Pas une épave, mais un peu plus une femme libre. Elle boit seule au café, elle s’en amuse, si ça ne plaît pas, tant pis ! Et si c’était Manet le plus moderne des deux ? En tout cas, Ellen n’a pas trouvé qu’elle avait l’air d’une andouille, c’est déjà ça !
« Quelle nostalgie, me textote mon vieux pote Ulysse, en me transmettant cette archive de l’INA, « quelle nostalgie de revoir ce playback autour d’un piano ouvert (ah, la téloche des années 70) et de réécouter en leur donnant un sens nouveau les paroles de cette chanson, en ce dimanche d’été où le Gainsborough de Gainsbourg est elle aussi partie pour une autre traversée.. »
Et il a raison, le bougre! Ah la nostalgie des années 60 que ni lui ni moi n’avons vraiment vécues (nous n’étions que des enfants), lorsqu’elles avaient le sourire de Jane B. susurrant le refrain de « 69, année érotique ».
Lire la suite LE GAINSBOROUGH DE GAINSBOURG12 juillet 23
Ulysse apprend la mort de Milan Kundera, à l’âge de 94 ans. Il n’a pas lu (peut-être à tort) les derniers romans, écrits directement en français et plus secs, même s’il a continué à les acheter rituellement. Mais il est triste de voir disparaître l’auteur de ses vingt ans, l’un des premiers à l’avoir fait rêver sur la maturité.
Lire la suite KUNDERA EST MORT, VIVE MORETTIJeudi 5 janvier 23
Le citoyen Lambda rapporte à ses amis que la grande mosquée de Paris vient de porter plainte contre les propos que Houellebecq a tenus lors son entretien avec Onfray dans la revue « Front Populaire ». Et, ajoute Lambda, ce qui est rapporté de ces propos est effectivement consternant. Il leur donne lecture de quelques passages : « Quand des territoires entiers seront sous contrôle islamique, je pense que des actes de résistance auront lieu. Il y aura des attentats et des fusillades dans des mosquées, dans des cafés fréquentés par les musulmans, bref des Bataclan à l’envers». Ou encore : «le souhait de la population française de souche» n’est pas «que les musulmans s’assimilent, mais qu’ils cessent de les voler et de les agresser. Ou bien, autre solution, qu’ils s’en aillent».
«Oui, soupire Lambda, débile et consternant, un peu comme les propos antisémites de Céline dans les années 30. Quelles seront les années 40 de notre génération ? ».
Ulysse trouve que Houellebecq fait penser à Dantec dans les dernières années : même dégradation physique, même consommation de drogue, même propension à se prendre pour un prophète. « Fréquente-t-il encore la société française, reprend Lambda, ailleurs que dans les vidéos conspirationnistes sur You tube, connaît-il encore les lycées, les cafés, les salles de sport, où, quoi qu’on en dise, et c’est cela qui fait chier aussi bien les salafistes que les identitaires, les gens vivent assez harmonieusement les uns avec les autres dans la « zone grise » ?
-A-t-il seulement, s’indigne le Bûcheron, fréquenté les cafés pendant la Coupe du Monde de foot ? ».
Comment parler d’un pays quand on n’en partage pas les passions ?
3 janvier 23
Ulysse a entendu dire qu’après avoir obtenu le Goncourt au terme d’un nombre démesuré de scrutins, ce roman n’atteignait pas le nombre de ventes réglementaires pour ce prix : deux manières successives de suggérer qu’il ne le méritait pas. Mais lui l’a bien apprécié, notamment à cause de son style nerveux.
Lire la suite VIVRE VITEGrâce à Vivre vite, le roman de Brigitte Giraud, Ulysse découvre avec vingt-cinq ans de retard Death in Vegas, le duo anglais dont « Dirge » (Chant funèbre) est le dernier morceau écouté par Claude, le mari amateur de rock et motard avant son accident fatal.
Il est stupéfait aussi par la puissance et la violence hypnotique de « Aisha » et de « Hands around my Throat ».
Adapté de 1101 Park Avenue, une nouvelle d’un certain Eric S. Hatch, ce film a été tourné en 1936 par Gregory La Cava. Celui-ci, après avoir été l’un des premiers animateurs de cartoon de l’histoire du cinéma, devint dans les années 20 réalisateur de comédie, resta au sommet dans les années 30 mais vit sa carrière sombrer dès les années 40 à cause de son anticonformisme, de son engagement social et… de son alcoolisme : bref, il aurait pu être l’un des personnages de son film.
La bande annonce originale :
Le début de Godfrey est génial :
Lire la suite MY MAN GODFREYVendredi 31 janvier 20
Comme d’habitude, la Comédie Française a placés les élèves en corbeille. Près de la scène mais tellement sur les côtés que l’on ne voit rien quand le jeu ne se situe pas au centre du plateau. Cette institution aurait-elle du mal à considérer qu’il faut installer dès aujourd’hui dans les meilleures conditions le public de demain ?
La mise en scène de Desplechin est intéressante mais elle ne provoque pas le même choc que la version de Brigitte Jaques il y a trente ans : l’impression de se trouver en face d’une œuvre qui exprimait la complexité de notre présent, et qui, par sa forme même (les split screens) parvenait à faire se rencontrer l’Histoire collective et l’histoire intime, les délires de l’anticipation politique et les hallucinations du mal d’aimer.

Desplechin a beaucoup coupé dans le texte de la pièce-fleuve de Kushner, pour le réduire de moitié et le recentrer sur les relations amoureuses entre les quatre personnages principaux. Ca fonctionne mais ça ne bouleverse pas. Pourquoi ?
Jeudi 9 janvier 20
La foule des grands soirs aux Amandiers pour le nouveau Pommerat.
A la fin du spectacle, le voisin d’Ulysse, qui n’a pas décroché un sourire de tout le spectacle, se dresse pour lancer la standing ovation. Le public lui emboîte le pas. Ulysse aussi, après quelques secondes d’hésitation.
Lire la suite CONTES ET LEGENDESLe site de poésie de Charles Bonaventure
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