Archives du mot-clé Ulysse

HOUELLEBECQ LE BAS DU FRONT POPULAIRE

Jeudi 5 janvier 23

Le citoyen Lambda rapporte à ses amis que la grande mosquée de Paris vient de porter plainte contre les propos que Houellebecq a tenus lors son entretien avec Onfray dans la revue « Front Populaire ». Et, ajoute Lambda, ce qui est rapporté de ces propos est effectivement consternant. Il leur donne lecture de quelques passages : « Quand des territoires entiers seront sous contrôle islamique, je pense que des actes de résistance auront lieu. Il y aura des attentats et des fusillades dans des mosquées, dans des cafés fréquentés par les musulmans, bref des Bataclan à l’envers». Ou encore : «le souhait de la population française de souche» n’est pas «que les musulmans s’assimilent, mais qu’ils cessent de les voler et de les agresser. Ou bien, autre solution, qu’ils s’en aillent».

«Oui, soupire Lambda, débile et consternant, un peu comme les propos antisémites de Céline dans les années 30. Quelles seront les années 40 de notre génération ? ».

Ulysse trouve que Houellebecq fait penser à Dantec dans les dernières années : même dégradation physique, même consommation de drogue, même propension à se prendre pour un prophète. « Fréquente-t-il encore la société française, reprend Lambda, ailleurs que dans les vidéos conspirationnistes sur You tube, connaît-il encore les lycées, les cafés, les salles de sport, où, quoi qu’on en dise, et c’est cela qui fait chier aussi bien les salafistes que les identitaires, les gens vivent assez harmonieusement les uns avec les autres dans la « zone grise » ?

-A-t-il seulement, s’indigne le Bûcheron, fréquenté les cafés pendant la Coupe du Monde de foot ? ».

Comment parler d’un pays quand on n’en partage pas les passions ?

DIRGE

Grâce à Vivre vite, le roman de Brigitte Giraud, Ulysse découvre avec vingt-cinq ans de retard Death in Vegas, le duo anglais dont « Dirge » (Chant funèbre) est le dernier morceau écouté par Claude, le mari amateur de rock et motard avant son accident fatal.

Il est stupéfait aussi par la puissance et la violence hypnotique de « Aisha » et de « Hands around my Throat ».

MY MAN GODFREY

Adapté de 1101 Park Avenue, une nouvelle d’un certain Eric S. Hatch, ce film a été tourné en 1936 par Gregory La Cava. Celui-ci, après avoir été l’un des premiers animateurs de cartoon de l’histoire du cinéma, devint dans les années 20 réalisateur de comédie, resta au sommet dans les années 30 mais vit sa carrière sombrer dès les années 40 à cause de son anticonformisme, de son engagement social et… de son alcoolisme : bref, il aurait pu être l’un des personnages de son film.

La bande annonce originale :

Le début de Godfrey est génial :

Lire la suite MY MAN GODFREY →

ANGELS IN AMERICA

Vendredi 31 janvier 20
Comme d’habitude, la Comédie Française a placés les élèves en corbeille. Près de la scène mais tellement sur les côtés que l’on ne voit rien quand le jeu ne se situe pas au centre du plateau. Cette institution aurait-elle du mal à considérer qu’il faut installer dès aujourd’hui dans les meilleures conditions le public de demain ?
La mise en scène de Desplechin est intéressante mais elle ne provoque pas le même choc que la version de Brigitte Jaques il y a trente ans : l’impression de se trouver en face d’une œuvre qui exprimait la complexité de notre présent, et qui, par sa forme même (les split screens) parvenait à faire se rencontrer l’Histoire collective et l’histoire intime, les délires de l’anticipation politique et les hallucinations du mal d’aimer.

https://www.agoravox.fr/


Desplechin a beaucoup coupé dans le texte de la pièce-fleuve de Kushner, pour le réduire de moitié et le recentrer sur les relations amoureuses entre les quatre personnages principaux. Ca fonctionne mais ça ne bouleverse pas. Pourquoi ?

Lire la suite ANGELS IN AMERICA →