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Sur la réforme(tte) du collège

Il y a quelques jours, j’ai rediscuté devant un thé avec ce bon Arthémus Normal, professeur de Vieille Langue Bien Morte au lycée Enrico Macias. Nous avons évidemment parlé de la réforme du collège. Il s’était tapé en entier la lettre de la ministre.

Hé bien, d’après lui, elle part d’un constat juste : « Le collège est depuis trop d’années le niveau oublié des politiques scolaires. » (c‘est ce qu’on pouvait reprocher aux réformes imposées par le gouvernement Sarkozy, que de commencer par la fin  : l’université puis le lycée). Et elle se propose un but tout à fait louable : « Notre objectif est de mettre fin à cette situation avec une réponse globale et adaptée aux enjeux de la société d’aujourd’hui. »

Le problème, nous dit Normal, commence lorsqu’on examine avec pragmatisme les moyens qu’elle se propose pour fournir cette fameuse  « réponse globale ». Lorsqu’on va, comme il l’a fait, sur Eduscol, le site  de l’éducation nationale où s’affichent les indications officielles, qu’est-ce qu’on trouve? Evidemment, beaucoup de graphiques très savants et bien coloriés, accompagnés de quelques statistiques (pour faire sociologue)  et de phrases ronflantes (pour faire humaniste). Ne soyons pas injuste, ricane-t-il, c’est peut-être inévitable (et puis ça ne coûte pas cher). Mais, sincèrement (il clique) quand tu lis et que tu vois ça :

« Les évolutions du collège relèvent d’une approche globale dans laquelle la réorganisation structurelle des enseignements est au service d’une approche pédagogique renouvelée.

 

ça ne te fait pas un peu rigoler? »

Nous avons rigolé. Puis, il m’a demandé : « Bon, maintenant si on décrypte ce machin, qu’est-ce qu’on trouve ? Essentiellement ces fameux EPI, Enseignement Pratique Interdisciplinaire, à 3 ou 4 h par semaine, et l’Accompagnement Personnalisé (là, pas vu combien d’heures). Ca ne te rappelle rien? Mais si : la réforme du lycée de Chatel, avec l’Accompagnement Personnalisé et les Enseignements d’Exploration en 2nde! »

J’ai tenté de lui dire que les Explos et l’AP n’étaient pas sans intérêt, mais il m’a tout de suite coupé la parole : « Sincèrement, toi qui es comme moi sur le terrain, est-ce que tu peux dire que ces deux enseignements ont une quelconque influence sur le devenir scolaire des élèves? Est-ce qu’ils contribuent en quoi que ce soit à réformer et améliorer le lycée? Qu’ils fournissent en quoi que ce soit une « réponse globale » aux problèmes du lycée ? Non, évidemment. Ces deux types d’enseignement ont été créés pour jeter aux yeux des parents d’élèves un écran de fumée qui cachait la diminution horaire des enseignements fondamentaux et l’augmentation du nombre d’élèves par classe. Tu le sais bien, puisque tu t’es mobilisé à l’époque contre cette réformette du lycée, dont les soi-disant dispositifs novateurs dissimulaient les véritables enjeux budgétaires. Hé bien, le plus triste pour la gauche, c’est que la critique de la réformette Châtel du lycée peut resservir presque mot pour mot pour aborder la réformette Vallaud-Belkacem du collège. A mon avis, on peut mettre à peu près la même note à la copie superficielle de mademoiselle Najet qu’à celle malhonnête du jeune Luc. »

-Tu es un peu dur quand même, lui ai-je rétorqué. Entre une socialiste sincère et un libéral démagogue, il y a une différence!

-Ah bon, où ça? Ah oui, les, comment dit-on déjà, les « éléments de langage ».  Ta socialiste parle de défendre « l’égalité » là où le libéral parlait de promouvoir la « liberté », parce qu’un peu de bonne vieille idéologie, surtout en matière d’éducation, ça ne fait jamais de mal. Mais les solutions proposées restent les mêmes : des dispositifs soi-disant novateurs qui cachent quelque chose d’autre. Quoi? On affirme explicitement : « Il n’y aura de baisse horaire pour aucun enseignement disciplinaire« . Je ne sais pas exactement ce qu’il en est des horaires au collège mais, moi qui suis comme toi un vieux de la vieille, je devine, je renifle, je subodore que c’est faux. Et qu’il s’agit au contraire du principal enjeu de cette réforme, comme de toutes celles qui l’ont précédée depuis vingt ans. »

Au bout de quelques instants de rêverie songeuse, il a poursuivi : « Par principe, je ne suis pas du tout contre ces EPI ni contre les projets interdisciplinaires. Au contraire, comme toi, je les pratique avec passion dans mon enseignement. Mais je sais deux choses : s’ils sont fondamentaux pour la richesse humaine des élèves (et aussi des professeurs), ce ne sont pas eux qui permettront de réformer en profondeur le collège et le lycée, ni de répondre aux nouvelles demandes de la société, tout simplement parce que, à mon avis, leur enjeu propre est ailleurs. Ce que je reproche à cette réformette, ce ne sont pas les EPI, mais c’est de ne pas s’attaquer aux véritables problèmes! De ne pas proposer de véritable redéfinition du collège unique comme dernier palier où l’on maintient ensemble (voire où l’on entasse à toute force) l’intégralité d’une classe d’âge. Je vais te surprendre, parce que l’enseignement général et unique qu’on y dispense m’a personnellement toujours convenu, en tant qu’élève puis en tant que professeur. Mais, quand je repense à certains de mes camarades d’adolescence, ou à certains des conseils de classe démoralisants auxquels j’ai assisté quand j’étais un jeune prof en collège, je vois le collège unique, tel qu’il est défini actuellement, comme une énorme machine à broyer les êtres sans parvenir à les former. Je le juge désastreux pour une grande partie des élèves et inefficace pour la société (à part pour lui permettre de réaliser des économies à courte vue). Ce qui m’agace, c’est d’entendre des gens intelligents prétendre que, pour donner une « réponse globale », il ne faut pas se poser la question globale : « est-ce la bonne solution d’imposer cet enseignement général comme le seul valable à tous les élèves d’une classe d’âge? » mais seulement affirmer que trois heures d’EPI par semaine suffiront à motiver les élèves et à régler le problème. C’est pourquoi je parle de tour de passe-passe.

Ensuite, a-t-il repris, et seulement ensuite, on devrait se poser le problème de la place, à l’intérieur de cet enseignement général, du latin et du grec… « 

 

18% de latinistes

Le professeur Normal, qui enseigne les langues anciennes depuis de nombreuses années au lycée Enrico Macias, pas très loin de chez moi, me confie à quel point il est agacé de voir la façon dont la jeune pécore qui lui sert de ministre défend sa réformette du collège dans les journaux, particulièrement en ce qui concerne le latin et le grec. « Aujourd’hui, le latin et le grec sont suivis en option par seulement 18% de collégiens. » Et alors, s’exclame Normal. En quoi cette statistique peut-elle tenir lieu d’argument? Il déteste cette façon faussement égalitariste et vraiment technocratique de comprendre l’éducation. D’ailleurs, c’est un peu facile, ajoute-t-il, sarcastique, après avoir tout fait depuis vingt ans pour qu’il n’y ait que 18% de latinistes, de s’en étonner aujourd’hui et de s’en servir comme prétexte pour diminuer encore ce nombre!

D’après lui, la bonne façon de poser le problème est la suivante : premièrement, est-ce que c’est enrichissant pour les collégiens d’apprendre le latin (et le grec). Réponse : oui. Doublement. Parce qu’ainsi ces analphabètes connaîtront les bases de leur propre langue. Parce qu’ainsi ces décérébrés connaîtront les bases de l’humanisme. Deuxièmement, s’il n’y a aujourd’hui que 18% de collégiens qui peuvent avoir accès à cette richesse, comment faire en sorte que demain il y en ait 30%, et après demain 100%?

Pourquoi, après tout, le latin serait-il réservé aux bourgeois? Parce que les autres n’ont le droit qu’à une langue de merde et une pensée de merde? Mon collègue Normal a une solution toute simple : au lieu de transformer le latin et le grec en GloEPI-Boulga, on les rend obligatoires, pour tous les collégiens de France et de Navarre! Crac! Si on faisait ça, me demande-t-il, tu crois vraiment qu’ils parleraient plus mal le français et qu’ils seraient plus bêtes?

Je le laisse parler. Au bout d’un moment, Normal finit par se calmer. Même lui n’aime pas trop le mot « obligatoire » en matière d’éducation…

Fool

Ulysse apprend que miss Shah est née de parents pakistanais et norvégiens, excusez du peu. Mais, à part une rude beauté, il ne sait pas vraiment quelle peut être l’influence de cette double origine particulièrement exotique. Notamment sur sa musique, qui sonne très anglaise, râpeuse, intense, lyrique parfois. La jeune dame viendrait de Whitburn, un patelin du nord-est de l’Angleterre qui a l’air d’avoir surtout produit avant elle une tripotée de footballeurs de Sunderland. Est-ce de l’envie de ne pas se laisser piéger dans ce trou perdu qu’elle parle dans « Ville Morose« ? Ou bien de Londres, comme le dit le premier vers? De la capitale et de ses dandys rocks faussement ténébreux, dont elle se moque aussi dans Fool? A elle, on ne la lui raconte pas. Puisqu’on la compare à PJ Harvey ou à Nick Cave, elle ne supporte pas les imitations. Il lui faut de l’authentique.  Kerouac en personne, revenu d’outre-tombe pour lui raconter ce qu’il a vu sur la route des Enfers, aurait du mal à lui arracher un sourire de commisération. Les petits minets d’aujourd’hui n’ont qu’à bien se tenir s’ils ne veulent pas se faire manger tout cru par miss Tigre. Les seuls qui trouvent grâce à ses yeux, ce sont les doux dingues et les vraies excentriques. Mais où se cachent-ils?

« You fashion words that fools lap up
And call yourself a poet
Tattooed pretense upon your skin
So everyone will know it
And I guessed your favorites one by one
And all to your surprise
From damned Nick Cave to Kerouac
They stood there side by side
You, my sweet, are a fool
You, my sweet, are plain and weak
Go let the other girls
Indulge the crap that you excrete »

 

 

Entre les actes

Photo : Laurencine Lot

Ulysse a découvert il y a quelques jours avec une amie « Entre les actes », le dernier roman de Virginia Woolf, écrit en 1941, peu de temps avant son suicide, dans l’adaptation théâtrale que Lisa Wurmser a eu l’excellente idée d’écrire et de mettre en scène (et qui se donne actuellement au « Vingtième Théâtre »). C’est étrange de découvrir un roman au théâtre, surtout quand il concerne le théâtre.

L’intrigue se situe un après-midi de l’été 1939. Dans le jardin des Oliver doit avoir lieu la représentation d’une pièce de théâtre par des paysans (Ulysse apprend qu’elle est inspirée du Pageant, un genre populaire en Angleterre, mêlant des scènes et des intermèdes chantés pour retracer de manière plus ou moins naïve des épisodes de l’histoire du pays). A intervalles réguliers, un avion passe au dessus de la propriété rappelant aux villageois et aux bourgeois assemblés la menace de la guerre qui approche.

Le premier enjeu de cette adaptation d’un roman sur le théâtre, c’est bien sûr la mise en scène de ce « Pageant », qui permet à Virginia Woolf d’évoquer de manière parodique les fondements de la culture anglaise, depuis les pèlerins de Canterbury jusqu’à l’Empire victorien, en passant par l’époque élisabéthaine et les comédies libertines. On peut imaginer qu’en 1941, Woolf règle ses comptes avec le chauvinisme ambiant. Mais la mise en scène de Lisa Wurmser tire ces passages de « théâtre dans le théâtre » moins vers la dénonciation du nationalisme que vers le jeu avec tous les codes du théâtre comique. C’est un peu comme si on assistait à une variation moderne sur « Le songe d’une nuit d’été » (des paysans représentant devant des nobles une pièce naïve, qui, néanmoins, leur parle d’eux et dont le burlesque permet à Shakespeare  une réflexion sur le théâtre). C’est vif, farcesque, enlevé, chanté, les comédiens (dont Flore Lefebvre des Noettes, Nicolas Struve ou Gérald Chatelain) s’en donnent à coeur joie dans la fantaisie débridée. L’élégance des décors et des costumes ajoutent au plaisir.

 

Ulysse  a eu plus du mal avec le deuxième enjeu fort de l’adaptation : l’entrecroisement des monologues intérieurs des spectateurs assistant à cette représentation farcesque, notamment Isa Oliver (sorte de porte-parole de Virginia Woolf), et son mari, Giles, (qui s’apprête à oublier son angoisse de la guerre en la trompant avec une visiteuse de passage, aussi futile que sa femme est grave). Les deux comédiens ont eu plus du mal à entrainer Ulysse dans leurs tourments intérieurs (alors que Woolf semble introduire un rapport très intéressant entre la catastrophe sentimentale qui guette la femme et la catastrophe nationale qui panique l’homme, c’est à dire entre l’intime et le collectif).  Il faut reconnaître que leur partition est délicate. Comment exprimer l’intériorité au théâtre? Question redoutable. Cet entrecroisement de monologues, cette narration polyphonique donne une incroyable profondeur et, en même temps, une extrême fluidité aux romans de Woolf, notamment « Mrs Dalloway » (qu’Ulysse a relu l’année dernière et qui l’a bouleversé, la romancière lui ayant fait ressentir la radicale solitude de ces consciences mais aussi les moments fulgurants où chacune s’approche de l’autre jusqu’à presque, enfin, établir le contact). Ce procédé est, dans les romans, à la fois moderne et poignant mais il fonctionne plus difficilement au théâtre. Dispositif répétitif de ces comédiens qui se tournent vers nous pour monologuer, pendant que leurs partenaires sont censés garder l’immobilité absolue (il a d’ailleurs semblé à Ulysse qu’ils avaient du mal à le faire, ce qui est peut-être simplement un signe que l’effet est difficilement « tenable », surtout avec l’enchaînement des représentations). N’aurait-il pas fallu faire évoluer l’idée pour tenter de retrouver la souplesse du procédé romanesque (ce qui est beau chez Woolf, c’est que les personnages ne sont jamais seuls dans leur solitude, ils sont toujours tournés de manière intense vers le monde, auquel ils tiennent de toute leur sensibilité exacerbée, les hommes comme les femmes, et ils ne situent jamais exactement à la même distance intérieure l’un de l’autre)?

Ces réserves faites, on passe un très agréable et très intéressant moment de théâtre. Ulysse est particulièrement redevable à Lisa Wurmser et à son équipe, en ces temps de conservatisme frileux,de lui avoir rappelé la mélancolique et caustique audace de la romancière anglaise. Toujours aussi moderne, de plus en plus nécessaire.

Nadine Shah et le diable de la ville morose

 

Alors que paraît le second album de cette demoiselle Shah, Nadine de son prénom, Ulysse découvre (avec un an de retard) ces deux pépites, deux magnifiques versions de chansons du premier album, « Love your Dum and Mad ». En allant s’endormir après les avoir écoutées en boucle, se demande Ulysse, quel diable, quelle diablesse, dans quelle ville nocturne peut-on rencontrer en rêve? Il sera bien temps, demain, de chercher à en savoir plus sur cette étrange voix

Marine Femen

montage FN 1er mai

Ce qui est étonnant, c’est cette couleur rouge qui réunit la banderole suspendue par les Femen et la houppelande  du vieux réactionnaire. Quelle mouche a bien pu le piquer, celui-là, de s’habiller ainsi? Par dérision à l’égard des cortèges syndicaux autrefois puissants? Ou simplement par peur qu’on ne le remarque pas? En tout cas, au balcon ou sur la tribune, Marine voit doublement rouge!…

En repensant à ce défilé du 1er mai, le citoyen Lambda ne comprend pas bien pourquoi Marine s’est mise en colère contre les Femen. Ne partage-t-elle pas la même exaspération que ses jeunes consoeurs face aux efforts obstinés de son vieux père pour contrecarrer la dédiabolisation du FN et persuader l’opinion que l’extrême droite d’aujourd’hui reste l’extrême droite de toujours, xénophobe et antisémite? Ces trois diablotines rastaquouères et marxisantes ne pourraient-elles être considérées comme la projection de son propre fantasme, de sa volonté de se débarrasser enfin du débris encombrant et nauséabond qu’est désormais le père fondateur, de toute cette haine que Marine n’ose pas encore exprimer mais qu’elle ressent avec une telle puissance qu’on a presque l’impression de la voir projetée au balcon de son inconscient? Un instant, la vue de Lambda se brouille et il voit ça

Marine le Pen en Femen

Mais, au bout de quelques instants, la vision de cauchemar s’efface. Evidemment ce n’est qu’un montage fantasmatique grossier.

Jimi Trabuchon Experience

Cette cabane de jardin a été construite par Jimi Trabuchon il y a déjà quarante-cinq ans, à son retour de l’Ile de Wight (où il avait filmé avec sa copine et l’autre copain de sa copine le dernier concert d’Hendrix et réalisé l’unique et foireuse interview de sa trop brève carrière de journaliste rock).  Sur le terrain hérité de ses vieux parents, des postiers communistes et propriétaires, il a longtemps ambitionné d’organiser LE méga-concert français, avec Gong et Malicorne en guest stars. Mais il a été peu à peu rattrapé par la routine et par l’urbanisation. Tout autour de lui, on a construit des barres d’immeubles qui l’empêchent de voir le large et même une médiathèque en béton, que Jimi Trabuchon ne fréquente pas, bien que l’on y trouve un DVD sur Woodstock. En attendant que la mode du Flower Power revienne irradier de couleurs psychédéliques le climat pluvieux de la banlieue française, autrefois rouge et maintenant seulement grise, Jimy repeint fidèlement chaque 1er mai sa cabane de jardin et l’intérieur de sa tête avec des fleurs. Dans la petite serre bien banale qu’il a placée à côté de la cabane, il continue à faire pousser en douce les plantes qu’il lui faut pour mener la Jimi Trabuchon Experience.

Tout peut changer

Profitant de cette période de vacance et de disponibilité, j’ai entamé la lecture de l’essai de Naomi Klein Tout peut changer. Lecture extrêmement stimulante parce qu’elle fait du réchauffement climatique (et des catastrophes qu’il annonce) la meilleure chance dont nous disposons de rompre avec un système économique, le capitalisme dans sa version néo-libérale, qui est en train de bousiller non seulement les sociétés humaines mais la terre elle-même.

N. Klein rappelle, dès l’introduction, l’urgence de ce changement : certains scientifiques affirment que, si nous voulons rester dans la limite d’un réchauffement à 2° (qui va déjà provoquer pas mal de bouleversements), il faut réduire significativement les émissions de GES d’ici à 2017. La « fenêtre » est donc en train de se refermer sous nos yeux. Au delà, il faudra envisager d’autres scénarios : réchauffement de 4° ou même de 6° (quelles catastrophes pourraient-ils amener?).

D’autant plus intéressant pour nous, Français, que la 21ième conférence sur le climat doit avoir lieu fin 2015 à Paris. On peut craindre que la prolifération de  de grands discours y vienne, comme d’habitude, cacher l’absence de décisions véritablement contraignantes.

Les années qui viennent sont décisives, pour notre génération et surtout pour les suivantes. C’est aujourd’hui que demain et après demain se dessinent.

Et moi, je me demande : quelle peut être la réponse d’un romancier? Comment imaginer ce qui devrait se produire, ce qui pourrait se produire, ce que nous allons laisser se produire? Comment répondre à ce slogan-défi : « Tout peut changer » (en anglais : « This changes everything »)?

Après avoir imaginé le passé, imaginer le futur? Et, parallèlement, raconter le présent (son impossibilité à changer)?