Archives pour la catégorie Le train en marche

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Chercheurs de trésor

I. Ciel de départ au dessus de l’A86

 

II.Sandrine Kiberlain : «Instinctivement je vais chercher les ruptures, l’extravagance, la folie du personnage. Ce qui va le différencier. On est tous unique, chacun à notre manière et je veux faire du personnage quelqu’un d’unique. »

 

III. Fou à lier

 

 

IV.En 1958, Jimmy Mellaard est l’archéologue le plus célèbre du monde, le plus arrogant aussi. Il a participé aux fouilles de Jéricho et découvert à lui tout seul le site de Catalhöyük en Anatolie. On dit de lui qu’il a un instinct, une sorte de prescience qui fait qu’il devine si un monticule cache une ville enfouie et où il faut creuser exactement pour la trouver.

Ce jour-là, il voyage en train vers Izmir, lorsque une jeune femme inconnue entre dans son compartiment. Il lui jette un coup d’oeil, et la trouve belle, bien qu’assez vulgaire. Pourtant, elle arbore un bracelet en or que l’archéologue ne peut manquer de regarder avec un peu plus d’attention, parce qu’il lui rappelle ceux découverts sur le site de Troie ! La belle lui dit qu’elle s’appelle Anna et que des bijoux de ce genre, elle en a plein chez elle : sa famille les a découvertes une trentaine d’années auparavant dans deux tombes situées près du village de Dorak, dans le nord de l’Anatolie. Elle veut bien l’emmener chez elle et lui montrer les objets. Des bijoux, des armes, dont l’une couverte de hiéroglyphes, que ce fin connaisseur de l’Egypte déchiffre aisément et qui lui permettent de dater le trésor du 23ième siècle avant JC. La mystérieuse Anna le laisse volontiers dessiner les merveilles pendant trois jours mais elle refuse obstinément qu’il les photographie…

C’est le début de la rocambolesque affaire de Dorak. Soit une invention pure et simple de Mellaard, soit une arnaque : un plan monté par des escrocs pour faire authentifier par un archéologue reconnu des pièces volées et pouvoir les revendre à un riche collectionneur. Elle vaudra finalement au trop imaginatif homme de science d’être expulsé de Turquie et de voir sa carrière si brillamment commencée s’achever dans des controverses lamentables. S’il s’agit d’un piège, qui le connaissait assez pour savoir que c’était à lui qu’il fallait le tendre, parce que ce découvreur de trésor serait assez sûr de son génie pour faire passer son intuition avant sa raison et assez orgueilleux pour ne jamais reconnaître qu’il avait été floué ?

V. La Lectrice n’est pas sûre que La première femme nue, dans son exploration du féminin, ne reste pas prisonnière du regard masculin de l’auteur et je peux difficilement lui donner tort. Elle se demande dans quel texte lire l’abandon vrai du plaisir féminin, qui n’est jamais garanti, qui ne va jamais de soi, qui oblige la femme moderne à se livrer à quelques archaïques contorsions, aussi exaltantes qu’humiliantes (mais il ne serait quand même pas très subtil de les trouver vraiment humiliantes).

Anaïs Nin ?

Pauline Réage ?

Mais où le trouvera-t-elle vraiment, ce fameux texte, la subtile lectrice, sinon dans son livre intérieur ? Celui très surprenant que l’on écrit tout en cherchant à le déchiffrer ?

 

VI. Le vagabond des rêves

Karamakate est un chaman puissant, un remueur-de-mondes. Il vit seul dans la jungle d’Amazonie, séparé de son peuple depuis une attaque meurtrière des soldats colombiens. Un jour du temps en dehors du temps (ou bien était-ce en 1909 ?), il reçoit la visite d’un Indien habillé à l’européenne, qui lui amène sur sa pirogue un explorateur allemand malade. Karamakate accepte de mener l’étranger vers la plante magique, qui seule le soignera en lui redonnant le rêve. Ils descendent le fleuve comme le cours du temps, aux embranchements multiples. L’un d’entre eux mène le chaman quarante ans plus tard vers un deuxième explorateur, qui est peut-être un autre, et peut-être aussi le même, c’est à dire l’incessante incarnation de l’homme blanc détruisant le monde parce qu’il croit qu’il faut le posséder. Celui-là aussi cherche la plante. Le chaman comprend qu’il ne faut pas le soigner, mais l’enseigner. Une nuit, il lui dit : « Chez les Indiens, le jeune homme devient un guerrier lorsqu’il accepte de se laisser guider. Il part seul, sans rien, dans la forêt, en silence. Il devient un vagabond des rêves, jusqu’à ce qu’il ait trouvé qui il est vraiment. Alors seulement il peut revenir. »

C’est dans El abrazo de la serpiente, L’étreinte du serpent, le film du colombien Ciro Guerra. Un périple initiatique qui déroule ses anneaux à la limite de la fiction et du documentaire dans un noir et blanc envoûtant.

 

VII. Et moi aussi, j’ai hâte de pouvoir partir de nouveau à la recherche du trésor!

Les cyclistes heureux

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Ah oui, dans la rubrique des cartes de voeux impertinentes, celle-ci n’est pas mal. Mais j’en accepte l’augure, madame. Qu’aucune mouche, si bombinante et cruelle soit-elle, ne nous empêche de tailler notre route dans les sentiers de 2016.

D’ailleurs, il suffit d’avoir dans les sacoches de la randonnée

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de quoi nous débarrasser des insectes de la bêtise qui auront voulu ralentir notre course et retrouver notre souffle parfumé.

Oui, en selle, en selle !

Et,  pour nous donner du courage dans cette traversée risquée de 2016, rien ne me paraît plus urgent que de fredonner « Bicycle Race » :

Bicycle bicycle bicycle
I want to ride my bicycle bicycle bicycle
I want to ride my bicycle
I want to ride my bike
I want to ride my bicycle
I want to ride it where I like

You say black I say white
You say bark I say bite
You say shark I say hey man
Jaws was never my scene
And I don’t like Star Wars

You say Rolls I say Royce
You say God give me a choice
You say Lord I say Christ
I don’t believe in Peter Pan
Frankenstein or Superman
All I wanna do is

Bicycle bicycle bicycle
I want to ride my bicycle bicycle bicycle
I want to ride my bicycle
I want to ride my bike
I want to ride my bicycle
I want to ride my

Bicycle races are coming your way
So forget all your duties oh yeah!
Fat bottomed girls they’ll be riding today
So look out for those beauties oh yeah

On your marks get set go

Bicycle race bicycle race bicycle race
Bicycle bicycle bicycle
I want to ride my bicycle bicycle bicycle bicycle
I want a
Bicycle race

Le drapeau

Il y a quelques années, j’aurais sûrement pensé que ce drapeau marquait l’appartement d’un nationaliste du FN et j’aurais haussé les épaules. Aujourd’hui j’éprouve une certaine sympathie pour cet emblème coloré discrètement perdu sur la façade d’un immeuble sombre, qui me ramène à une année de violences et de remises en question. C’est l’un des paradoxes de 2015 que les deux attentats commis par des gens qui haïssent ce symbole ont contribué plus efficacement à nous le rendre que n’auraient pu le faire les tirades de ceux qui prétendent l’aimer.

Si j’étais pessimiste, je me demanderais combien de fois il nous faudra le ressortir en 2016.

Comme je suis constructif, je préfère me dire : maintenant que nous nous sentons de nouveau attachés à notre drapeau, à notre hymne, à notre devise, « Liberté, égalité, fraternité », qu’allons-nous en faire, pour qu’ils ne restent pas des symboles et des mots creux, un bout de chiffon dérisoire accroché à une façade d’immeuble, mais qu’ils veuillent dire vraiment quelque chose ?

« Ca ira (1) fin de Louis » ou le passé actuel

Dès le début, le spectacle de Pommerat m’a passionné et il me continue à me poursuivre, presque trois semaines après, dans ce contexte très politique de l’état d’urgence et de la COP 21, d’autant plus que je l’ai vu le soir des attentats.

J’ai été happé dès les premières minutes : Louis et son ministre des Finances, un jeune binoclard tabagique, qu’on pourrait croire tout droit sorti de l’ENA s’il n’était pas sincèrement hanté par le service public, tentent d’imposer aux représentants de la noblesse la nécessité de réformer le système de l’impôt, pour que tout le monde le paie sans exception. Nous nous retrouvons non pas deux cents en arrière mais en pleine actualité. En plein passé actuel. Le fait de formuler en termes contemporains les problèmes de l’époque nous permet non seulement d’aller vers le passé, de nous passionner pour l’enjeu de ces Etats Généraux, mais aussi de revenir vers le présent, de saisir en quoi ces personnages se trouvent confrontés à des enjeux encore contemporains. Nous sommes d’emblée plongés non pas dans la Révolution Française, mais dans le mécanisme bizarre qui va aboutir au processus révolutionnaire. Ce qui nous pousse à nous interroger aussi sur notre capacité à réformer le système sans un grand chambardement. L’actualisation n’est plus ici un truc d’écriture, elle devient vitale. Nous verrons des femmes députées. Une journaliste de la télévision espagnole commentera la cérémonie officielle d’ouverture des Etats Généraux, pour souligner en quoi elle a déjà une dimension européenne. Après l’insurrection populaire, les autorités organiseront le grand show du retour du roi vers son peuple sur un « Final Count Down » tonitruant et ironique. Des scènes très réussies, qui traduisent le phénomène historique en termes actuels de « politique spectacle », nous permettant de n’être dupes ni du passé, ni du présent.

Le public occupe une position très particulière. La salle fait partie du dispositif scénique, elle représente les travées de l’assemblée. Les députés se trouvent assis à côté de nous. Lorsqu’ils applaudissent, chacun de nous peut, s’il le veut, le faire aussi. Mais il peut tout aussi bien rester un spectateur attentif des débats, il n’est pas pris en otage, il n’est pas exigé de lui qu’il participe s’il préfère assister. Usage intelligent d’un truc scénique utilisé souvent sans subtilité. Par exemple, lors du choix décisif de constituer la chambre du Tiers-Etat en assemblée nationale, il est demandé à « ceux qui sont contre » de se lever : seule une des comédiennes, député de la noblesse, le fait. S’il avait été demandé à « ceux qui sont pour » de se lever, le spectateur aurait été obligé en quelque sorte d’avoir une réaction (et nous serions tombé dans une mise en scène à la Robert Hossein). Il n’y a pas là qu’une délicatesse du metteur en scène, cela me paraît engager profondément la position du spectateur, son rapport au spectacle… et à la politique.

Décisive aussi la suppression de tous les noms propres (sauf celui du roi), ou leur modification, l’ellipse délibérée des « grands mots » historiques (« nous sommes ici par la volonté du peuple etc… »). Déçus dans nos attentes, nos présupposés par rapport aux personnages célèbres et à leurs poses, délestés de nos points de repère, nous voici plongés dans le processus historique lui-même. Par exemple, alors que nous assistons en direct aux discussions de l’assemblée, qui concernent la rédaction de la constitution et la question de savoir s’il faut ou pas un préambule sur « les droits des hommes », alors que nous saisissons bien à quel point cette discussion est importante, à quel point elle engage l’avenir, voici que nous sommes dérangés par les échos d’une révolte populaire grandissante, confuse, mal maîtrisée, sur laquelle des messagers viennent à l’assemblée nous annoncer des nouvelles inquiétantes. C’est seulement vers la fin de ce chaos, lorsque nous entendons parler de l’attaque de « la prison centrale », que nous prenons conscience qu’en fait il s’agit de la prise de la Bastille, qui engage encore plus l’avenir. Autrement dit, il faut supprimer toute référence au 14 juillet 89 pour que nous ayons vraiment l’impression d’être replongé dans le 14 juillet, de ce que cet événement chaotique a dû représenter pour les gens de l’époque. C’était évidemment encore plus terrible d’assister à cela le soir du 13 novembre 2015, alors que nous commencions à nous douter que dehors, dans la réalité du Paris d’aujourd’hui, des attentats étaient en train d’avoir lieu. Seule la suppression de toute référence historique permet de saisir vraiment ce qu’est un processus historique en train de se faire. Le spectateur est placé ainsi dans la position inverse de celle, habituelle, qu’il occupe dans un drame ou dans un roman historique, où il sait déjà à l’avance ce qui va se passer et où il attend « les grandes scènes ». Pommerat écrit l’histoire au présent.

Certains thèmes sont passionnants, par leur écho actuel : par exemple, les arguments des cosnervateurs qui disent « pas besoin de controverses philosophiques sur les droits de l’homme », il faut s’occuper de régler des « problèmes concrets », ceux de l’alimentation et de la sécurité, qui provoqueront l’insurrection populaire. Qu’est-ce que la politique, est-ce s’occuper du présent ou bien de l’avenir ? Ceci ne nous renvoie-t-il pas à des arguments qui nous sont souvent donnés aujourd’hui : concentrons-nous sur la crise, le chômage, la croissance économique, plutôt que de nous occuper des grands problèmes du monde, l’afflux des réfugiés, le dérèglement climatique ?

J’ai aimé la capacité de cette troupe incandescente de comédiens à prendre au sérieux les arguments des uns et des autres, même ceux des réactionnaires, même ceux des députés de la noblesse ou du clergé. Leur présence est à la fois désincarnée puisqu’ils ne sont plus des personnages historiques repérables, et très active. D’où la passionnante absence de point de vue, de « lecture » prédéterminée et surplombante, d’interprétation de l’Histoire : Pommerat et sa troupe ne sont pas du côté des députés bourgeois qui écrivent la constitution mais il ne sont pas non plus du côté des comités de quartier, qui expriment le point de vue de plus en plus violent des ouvriers. Ce spectacle n’est ni réactionnaire, ni bourgeois, ni marxiste. D’où l’indignation d’un des spectateurs placés à côté de moi, que j’entendais maugréer : « on se croirait revenu cinquante ans en arrière » et qui se demandait avec indignation : « mais qu’est-ce qu’il veut démontrer ? ». Ce qui indignait mon voisin est au contraire ce qui m’a passionné. Je crois que Pommerat ne veut pas revenir cinquante ans en arrière mais 226 ans, il ne veut pas « démontrer », mais « montrer », saisir des gens en train d’essayer de penser dans un chaos. Ce qui l’intéresse, c’est comment on fait pour penser l’histoire en train de se faire quand on ne sait pas vraiment ce qui est en train de se faire. Il exhibe le processus vivant des idées. D’où son intérêt pour les évolutions, les revirements, les apories, par exemple celles du député « centriste », promoteur de la déclarations des droits des hommes qui vote ensuite pour que seuls les propriétaires puissent être élus, et qui propose des arguments sincères pour le justifier.

J’ai aimé l’humour. Dans les vacheries que se balancent les députés entre eux, mais aussi dans les scènes intimes du couple royal, avec une reine complètement « fêlée ».

Et puis le personnage de Louis : le velléitaire, que les autres poussent sans cesse en avant. C’est autour de lui que se concentrent certaines des scènes les plus « à la Pommerat » : son entrevue dans la pénombre effrayante de l’insurrection avec les trois femmes du peuple enamourées. Le moment final, où il tente enfin de prendre en main son destin : après avoir refusé sèchement l’aide du député centriste, il confie à son dernier fidèle stupéfait qu’il fait exprès de suivre les décisions les plus insensées de l’assemblée, afin que le peuple effrayée se retourne vers lui. Louis répète alors à trois ou quatre reprises « ça ira, ça ira, ça ira », expliquant le titre de la pièce dans un décalage presque comique avec mes attentes (je pensais que Pommerat allait jouer avec la fameuse chanson révolutionnaire mais c’est ce qu’il se garde bien de faire). Le public rit et, en même temps, sourd de ce moment théâtral une mélancolie, une angoisse poisseuse, une attraction du vide, dans laquelle on retrouve l’atmosphère des spectacles précédents de la compagnie Louis Brouillard. Tandis que le roi quitte la scène, ses gardes prennent place autour de son billard, en s’efforçant avec une maladresse sardonique de jouer les mondains.

L’année dernière, après avoir vu presque à la file toutes les mises en scène de Pommerat, je me demandais un peu comment il allait pouvoir se renouveler. Réponse magistrale. On attend déjà avec impatience « Ca ira (2) »…

Christian et Soufiane

En ces jours de trouble, où je m’efforce tant bien que mal de rester intelligent et tolérant, malgré ma rancœur devant l’usage lamentable que les hommes font de leur foi, je découvre grâce à mon ami Denis Marquet, deux textes de croyants : le testament de frère Christian, l’un des moines assassinés de Tibhirine, et la lecture musulmane qu’en propose Soufiane Zitouni. Deux textes profonds, beaux aussi par le dialogue qui s’établit entre leurs auteurs à travers la mort.

Christian écrit : « J’ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal qui semble, hélas, prévaloir dans le monde et même de celui-là qui me frapperait aveuglément. » Et cette phrase me touche parce qu’elle me ramène à mon irrésistible tendance depuis vendredi à céder aux jugements à l’emporte pièce, à la rage, à la violence verbale.

Et Soufiane médite sur le verset 32 de la sourate « La table », qui dit ceci : « Voilà pourquoi Nous avons édicté cette loi aux fils d’Israël : « Quiconque tue un être humain non convaincu de meurtre ou de sédition sur la Terre est considéré comme le meurtrier de l’Humanité. Quiconque sauve la vie d’un seul être humain est considéré comme ayant sauvé la vie de l’Humanité toute entière. » Et cette phrase me touche aussi, parce qu’elle est celle que j’ai besoin d’entendre depuis vendredi de la part d’un musulman, pour ne pas désespérer de sa tradition.

Ces deux textes me rappellent, à moi qui ne suis pas croyant et qui, dans ce moment, en viens à n’éprouver que du mépris pour la croyance, quelle qu’elle soit, que la spiritualité, la vraie, l’authentique, peut aussi être un moyen de ne pas céder à la bêtise, au ressentiment, à la haine, alors que tout nous invite à le faire. Christian et Soufiane explorent une étrange contrée culturelle que je ne fréquente pas mais qui me paraît un peu moins désolée de les voir y cheminer ensemble. Voilà pour moi les deux vrais « martyrs », au sens étymologique de « témoins », et non pas les malheureux analphabètes de vendredi soir qui ne savaient lire aucun livre, et surtout pas le Leur.

Alors merci Denis, pour le partage, merci Christian, merci Soufiane.

Des kamikazes du Stade de France et de Lubitsch

« Le mystère des kamikazes du Stade de France« . Sous ce titre de thriller, France TV info se demande pourquoi les trois terroristes qui ont opéré au Stade de France n’ont pas provoqué de carnage, en se faisant exploser un peu plus tôt, dans la file d’attente avant le match, ou un peu plus tard, à la sortie des spectateurs ? Sans doute n’ont-ils pas réussi à pénétrer dans le stade, mais le mystère de leur « logique incompréhensible » est qu’ils se sont faits exploser pendant le match, dans des rues alors quasi désertées. Le premier a tué un malheureux passant mais les deux autres n’ont réussi à supprimer qu’eux-mêmes, presque comme s’il s’agissait d’un suicide à la ceinture explosive.

Pour lever ce mystère, France TV info interroge un «ancien spécialiste du renseignement », qui propose la réponse suivante : « Pour l’instant, l’hypothèse la plus probable, c’est qu’ils avaient pour consigne de taper à 21h20 pour se coordonner avec le Bataclan. Ils n’étaient peut-être pas bien malins, ils n’avaient pas réussi à se positionner là où ils auraient dû, ils se sont fait péter à l’heure où on leur a dit… »

Et si le véritable secret de ce lamentable thriller se trouvait dans une vieille comédie de 1942 ?

 

https://www.youtube.com/watch?v=WF55QjIxDXY

 Le comédien grimé en führer ordonne aux deux nazis : « Jump ! » et ceux-ci aussitôt s’exécutent, à tous les sens du terme (non sans l’avoir salué : « Heil Hitler »). Le génie de Lubitsch dans To be or not to be est d’exprimer en un gag les limites fondamentales du fanatisme, nazi hier, islamiste aujourd’hui, lorsqu’il s’agit pour un être humain de sauter dans le vide sans fond de la bêtise en se réduisant lui-même à n’être plus  qu’un type « pas bien malin » qui « se fait péter à l’heure où on lui a dit »…

Est-ce Allah qui est tout puissant…

… ou la bêtise humaine?

La lecture du texte de revendication de l’EI  fournit un navrant élément de réponse (s’il est authentique évidemment, on ne le trouve pour l’instant que retwitté sur les sites des journaux et il est bourré de fautes d’orthographe) :

https://twitter.com/_DavidThomson/status/665481250132664320/photo/1?ref_src=twsrctfw

Il est bon de le lire en entier, et non pas seulement les extraits qu’en fournissent les sites d’information, pour se confronter à un bloc de bêtise brute, qui rappelle les délires nazis.