Archives pour la catégorie La première femme nue

Mon troisième roman, publié en 2015 chez Actes Sud

Le sculpteur et la putain

Daphné Bétard
« Beaux Arts » magazine juillet 2015

La première femme nue (roman, Actes Sud, mai 2015)
La première femme nue (roman, Actes Sud, mai 2015)

« Il s’appelle Praxiteles.  ll a 25 ans, presque dix de plus que moi. Si je ne suis qu’une petite putain anonyme, lui n’est qu’un jeune artiste prometteur. »

Certains auteurs sont trop souvent bridés par le poids de l’histoire et peinent à en tirer parti. Chez Christophe Bouquerel, c’est tout le contraire. L’auteur a puisé sans scrupules dans les sources de la Grèce antique pour écrire en toute liberté la relation amoureuse du sculpteur Praxitèle et de la courtisane Phrynè, beauté féminine sans égale qui lui aurait inspiré l’Aphrodite de Cnide, nu le plus célèbre de l’Antiquité. Du sexe, de la violence et des larmes, un brin de philosophie, de rites païens et quelques séances de pose dans l’atelier de l’artiste font le sel de cette fresque étourdissante vue à travers les yeux d’une jeune héroïne sulfureuse prête à tout pour maîtriser son destin.

D.B.

La Première Femme Nue par Christophe Bouquerel éd. Actes Sud • 1188 p 27 e

Pour la gloire de Phryné

Le « péplum » noble et sensuel d’une hétaïre de légende

Révélation. Christophe Bouquerel se glisse dans la peau de la légendaire courtisane. Pour notre plus grande délectation.

PAR JEAN-PAUL ENTHOVEN
« Le Point » 25 juin 2015

A ceux qui, ces jours-ci, se demandent si l’apprentissage du grec est encore de quelque utilité (pour l’intelligence, pour le plaisir…), conseillons sans tarder de passer quelques heures en compagnie de la mythique Phryné, dont M. Bouquerel, helléniste de formation, a fait l’héroïne d’un roman dément, démodé, lettré, atypique et passionnant.
Pourquoi Phryné? Parce que l’histoire de cette hétaïre du IVe siècle avant Jésus-Christ, légendaire entre toutes, quoique désormais inconnue du grand public, vaut tous les feuilletons, toutes les téléréalités, toutes les sagas sentimentales dont le spectacle contemporain est friand. On pourrait en faire, de chic, une héroïne de prime-time ou une créature hollywoodienne avec, à la clé, un oscar pour Angelina Jolie dans le rôle titre. Car Phryné était sublime. Incontestable aïeule de Nana et de la Dame aux camélias, elle hante l’imagination érotique de l’Occident. Et sa vie, pur appel de fiction, vaut que l’on s’y penche…
Née en Béotie, d’une stupéfiante beauté, joueuse de flûte à ses débuts, cette jeune fille devint – malgré son patronyme, Mnésarétè, signifiant en vieux grec : « celle qui se souvient de la vertu » – l’une des plus célèbres courtisanes de l’Attique. Ses prestations, dit-on, étaient hors de prix (Aristophane lui donna 10 ooo drachmes pour une seule nuit), ses amants – le sculpteur Praxitèle, l’avocat Hypéride, le peintre Apelle… – se recrutaient parmi les mâles les plus en vue. Et, à force d’étreintes, puis au fil de banquets par elle sensuellement mis en scène, elle amassa une fortune si considérable qu’elle proposa de faire reconstruire à ses frais les murailles de Thèbes détruites par Alexandre. Son prénom, Phrynè -littéralement « crapaud», sans doute à cause d’un teint jaunâtre qui ajoutait de l’étrangeté à son éclat -, devint un étendard plus glorieux que ceux de Solon ou de Périclès, et il résonne jusqu’à nous à travers les poèmes de Baudelaire ou de Rilke et la musique de Saint-Saens, qui lui consacra un opéra en 1893. Rien dans son destin ne surpasse pourtant le fait qu’elle servit de modèle à Praxitèle pour sa fameuse Aphrodite de Cnide, après avoir posé pour la Vénus anadyomène d’Apelle. Sur ces épisodes, si propices aux thèmes et versions-exercices scolaires du temps jadis, quasi disparus au début du XXe siècle-, M. Bouquerel brode, ourle, digresse, retouche. Il sait tout. Sa langue est classique et prend son temps (1200 pages). Ce romancier doit admirer la Marguerite Yourcenar des « Mémoires d’Hadrien ». Il y a pire.
Attirons cependant l’attention du lecteur pressé sur ce morceau de bravoure que fut le procès de Phryne : des jaloux lui reprochaient, en effet, de vouloir importer à Athènes le culte du dieu Isodaitès, variante thrace de Dionysos, et l’affaire menaçait de mal tourner quand son avocat-amant Hypéride, à court d’arguments, arracha devant l’Aréopage la tunique de Phrynè, dont les formes splendides lui valurent aussitôt l’acquittement. Cette scène a été immortalisée par des peintres délicatement kitsch comme Jean Léon Gérôme (photo) ou Gustave Boulanger. Nous disposons désormais de la version romancée de l’épisode.On peut bouder ce genre de « péplum ». On peut aussi y barboter pendant l’été, juste avant de plonger, heureux, dans l’éternelle mer Egée.

« La premiere femme nue », de Christophe Bouquerel
(Actes Sud, 1198 p., 27 e).

 Gérôme "Phrynè dévoilée devant l'Aréopage"

 

Bon, je pensais avoir écrit tout autre chose qu’un « péplum » mais après tout, pourquoi pas? 😉

Les deux Aphrodites

C’est dans le livre XXXVI de son Histoire Naturelle (paragraphes 20 à 24), consacré aux pierres, et au marbre dont se servent les sculpteurs, que Pline évoque la création de la statue la plus célèbre de l’Antiquité. Il y raconte l’anecdote des deux versions du chef-d’oeuvre :

« Ante omnia est non solum Praxitelis, verum in toto orbe terrarum Venus, quam ut viderent, multi navigaverunt Cnidum. Duas fecerat simulque vendebat, alteram velata specie, quam ob id pratulerunt, quorum condicio erat, Coi, cum eodem pretio detulisset, severum id ac pudicum arbitrantes; rejectam Cnidii emerunt, inmensa differentia famae. (…) Illo enim signo Praxiteles nobilitavit Cnidum. »

« Devant toutes les oeuvres, non seulement de Praxitèle mais de la terre entière, se trouve la Vénus que beaucoup ont traversé la mer jusqu’à Cnide pour admirer. Il en avait fait deux et il les mit en vente en même temps. Les formes de l’une étaient voilées; c’est pour cette raison que la préférèrent ceux qui lui avaient passé commande, les envoyés de Cos. Elle coûtait le même prix, mais ils firent le choix de l’austérité et de la pudeur. Les Cnidiens achetèrent la négligée. Immense différence de réputation (…) Par cette seule statue, en effet, Praxitélès fit la gloire de Cnide. « 

Ce qui m’a passionné ici, c’est de constater, que, dès sa conception, cette statue était si problématique qu’elle a donné lieu à deux versions différentes et même contradictoires. Mais la postérité artistique (« fama », la réputation, et « nobilitavit » : rendit illustre) donne raison à la statue immorale, à celle qui ne respecte pas les impératifs d’austérité et de pudeur que l’on réclame aux femmes réelles.

(à suivre)

 

 

La Première Femme Nue et la poudre de Lescampette

Je ne sais pas si c’est un nom propre ou un jeu de mot, mais j’adore le nom de cette librairie de Pau, Lescampette, d’une charmante et bondissante fantaisie. Je l’aime d’autant plus, évidemment, qu’on y a bien aimé (et pour de bonnes raisons) ma Première femme nue 😉

« Avec ses 1200 pages, c’est le pavé de l’été ! Et c’est un roman d’amour superbe qui nous emmène dans l’âge d’or de la Grèce antique, sur les pas du sculpteur Praxitèles et de sa maîtresse, amie et modèle Phryné, qui fut la prostituée la plus belle, la plus scandaleuse et la plus riche d’Athènes. Outre le propos passionnant sur l’art antique et le génie de Praxitèles et la sensualité torride du roman, on est surtout charmé par la personnalité de Phryné, d’une étonnante modernité (et qui peut parfois rappeler Grisélidis Réal) : une prostituée libre, militante, assumant sa sexualité et jouant de son pouvoir sur les hommes. »9782330050863_1_75

 

http://www.lescampette.org/livres/la-premiere-femme-nue/

La Première Femme Nue se dévoile sur France Culture

Le Temps des Écrivains

Emission Le Temps des écrivainsle samedi de 17h à 18h Durée moyenne : 58 minutes

La Beauté

13.06.2015 – 17:00

Christophe Bouquerel, Jean-Pierre Manganaro et Vincent Delecroix sont  les invités de Christophe Ono Dit Biot.

Christophe Bouquerel, La première femme nue, Actes Sud
Jean-Pierre Manganaro, Liz T., P.O.L.
Vincent Delecroix, Poussin – une journée en Arcadie, Flammarion

Leurs choix musicaux :
Christophe Bouquerel : »Araksi artassouken », « Songs from a world apart », Lévon Minassian et Armand Amar
Jean-Pierre Manganaro : »The Last Time I saw Paris », Jérôme Kern
Vincent Delecroix : »Are you the one I’ve been waiting  for », Nick Cave

Invité(s) :
Christophe Bouquerel, écrivain
Jean-Paul Manganaro, écrivain
Vincent Delecroix, écrivain et philosophe

Thème(s) : Littérature| Essai| Littérature Contemporaine| Littérature Française| Roman

 

 

 

La Première Femme Nue au Maroc

Compte-rendu dans « Aujourd’hui Maroc ». Najib Abdelhak, je trouve qu’il a sacrément bien lu le roman! J’ai été épaté par la liberté de ton, surtout dans ce contexte où un autre magazine du Maroc proposait, dans une réaction effrayante de bêtise aux provocations des Femen, de « brûler les homos ». Cette qualité de réflexion, cela m’a fait plaisir pour mon roman, mais cela m’a permis aussi d’avoir une autre image, plus moderne et plus fraternelle, du Maroc. Alors doublement merci à Najib!

Sexe, philosophie et féminisme dans la Grèce antique

Livre, «La première femme nue» de Christophe Bouquerel
Aujourdhui.ma | 2-06-2015 11:32:20
Par Najib Abdelhak

Christophe Bouquerel

C’est un roman puissant, vous êtes avertis. Il est aussi long et fourni. Une bonne lecture estivale pour passer de nombreuses heures au soleil, un livre entre les mains. Mais ce n’est pas n’importe quel roman. C’est l’histoire de Phrynê, qui déjà à seize ans avait la beauté du diable.  C’est là que le jeune Praxitélês pose pour la première fois les yeux sur elle. Nous sommes déjà devant deux figures de l’histoire antique.

Praxitélês n’est certes pas encore le plus grand artiste de son temps. Phrynê, de son côté, est encore loin de devenir l’hétaïre la plus scandaleuse d’Athènes. Mais le destin s’écrit déjà en filigrane. On devine ce qui se passera, avec de nombreuses situations incroyables, faisant de ce texte une fresque à la fois historique et humaine de grande facture. Bref, ni l’un ni l’autre ne devine encore qu’il suffira d’une idée, d’un geste pour déshabiller la belle et voilà les portes de la gloire et de la postérité ouvertes pour l’éternité. Et ce premier regard partagé entre une beauté divine et un artiste fou vont donner corps à l’une des histoires les plus fortes de l’antiquité.

Mais la force de ce roman est dans cette manière de donner dans la profusion des situations et des personnages. On passe d’un lieu à l’autre, toujours avec cette cohorte de figures. Et tout défile alors: banquets riches  et débridés, étreintes physiques dans la chaleur de l’atelier du sculpteur, guerres ensanglantée et cadavres jonchant le sol, voyages incertains jusqu’aux confins de l’Orient, naissance de la philosophie grecque  avec tout son poids sur la cité, les codes sociaux, la morale et le scepticisme, c’est un ouvrage dense où l’Histoire flirte avec les anecdotes les plus simples dans une feria de langage et de situations humaines.

Christophe Bouquerel écrit ici un roman d’une rare profondeur. Il s’inspire d’un personnage dont la légende a traversé les siècles pour tracer la trajectoire hors du commun d’une femme de chair et de passions et ayant une volonté d’affirmer qui elle est dans un monde régi par les hommes. Une femme qui a ouvert la voie à l’histoire de toutes les femmes qui veulent se prendre en main, inspirer des artistes, amorcer des changements et jouir de la beauté de la vie et du monde. «La première Femme nue» est une fresque historique d’une rare beauté. C’est aussi un roman d’initiation avec une héroïne subversive, qui fait fi des codes et de l’ordre établi et vole de ses propres ailes quitte à se les brûler.

http://www.aujourdhui.ma/lifestyle/livre/sexe-philosophie-et-feminisme-dans-la-grece-antique–118761#.VW8_1aYWLDk

« La première femme nue » dans les coups de coeur d’Historia

La Première Femme nue de Christophe Bouquerel
(Actes Sud, 1200 p, 28 €)
Un roman impressionnant pas seulement par son poids. Phrynè, exerçant ses charmes à Athènes au IVe siècle, était le modèle
préféré de Praxitèle. Grâce au récit de sa vie dont elle ne nous cache aucun des secrets, c’est toute l’histoire de la Grèce qui nous
est contée dans une somme fascinante de culture et de lyrisme.

Joëlle Chevé

Historia, juin 2015

La Première Femme Nue vue par les Belges

Un deuxième article sur « La première femme nue », publié dans « La Libre Belgique » du 18 mai 2015 :

Roman
La première femme nue

On la connaît, certes, par “Phryné devant l’Aréopage”, le mythique tableau peint en 1861 par Jean Léon Gérôme, conservé au musée des BeauxArts de Hambourg.Mais qui était Phryné? Une adolescente “à la beauté du diable” qui deviendra “l’hétaïre la plus scandaleuse d’Athènes”: ainsi, du moins, rayonne ou flambe-t-elle dans le roman initiatique fleuve que lui consacre Christophe Bouquerel, helléniste de formation et professeur de lettres dans un lycée de la région parisienne.

Un monologue étourdissant, écrit dans une langue ciselée, d’un lyrisme à la Hortense Dufour, à l’Irène Frain, à la Véronique Bergen. On y suit le chemin parcouru par celle qui se dit d’une “beauté parfaite” et qu’immortalisera le plus grand artiste de son temps, Praxitèle, qui, avec elle pour modèle dont il deviendra l’amant, créa “le premier type de femme nue dans la sculpture grecque”. Ainsi que le rappelle l’auteur, Phryné a vraiment existé, au IVe siècle av. J.C.: “Aujourd’hui que l’on se détourne de la culture antique, cette femme légendaire est un peu tombée dans l’oubli. Tant mieux peut-être. Elle peut en ressortir, débarrassée des rêveries usées qu’ont plaquées sur elle le générations d’hommes qui nous ont précédés, neuve et nue, comme Aphrodite sortant des eaux.”

Un roman féministe, kaléidoscopique, violent et voluptueux, qui, pour son magistral auteur, “raconte autant le perpétuel apprentissage d’une héroïne subversive par instinct de survie que l’aventure d’un monde qui vacille et se réinvente”. Saisissant portrait d’une femme “fougueusement engagée dans la tentative de conduire sa propre histoire, qui défie constamment la société et les hommes sans jamais renoncer à l’affirmation de son identité”.

(Fr.M.)
Christophe Bouquerel, Actes Sud, 1200pp., env. 27€

 

Le premier article

Quelques jours après le compte-rendu sur le blog de la librairie Mille Pages est paru le premier article de presse sur La première femme nue, dans le Journal Du Dimanche du 17 mai, sous la plume de Laëtitia Favro. Là aussi, je l’attendais avec une grande impatience et une naïveté indéniable, à la fois pour la visibilité du roman et pour moi, comme une marque de reconnaissance officielle.

Christophe Bouquerel et l’aventure de Phryné

Christophe Bouquerel raconte l’aventure de Phryné, la plus belle femme de Grèce, dans un roman foisonnant.

Dans les bas-fonds du Pirée sommeille une jeune beauté à la peau d’ambre, aussi farouche que désirable, vendue comme prostituée après le sac de son village et vouée à satisfaire les désirs des hommes de passage. La providence voudra que son chemin croise celui de Praxitèle, alors jeune sculpteur en mal d’inspiration, qui scellera, en la possédant puis en la choisissant pour muse, la destinée hors du commun de la plus célèbre des hétaïres. « C’est bien ainsi que commence la rencontre du sculpteur hanté et de la pute mutique : par un fragment de visage offert au soleil. Par deux éclats différents de solitude. Par une toute petite étincelle de sens entre deux pierres dures avant le grand incendie. »

Une fresque qui défie les lois de la narration

Du bordel insalubre aux banquets raffinés où elle séduit les amants les plus influents, de l’atelier de Praxitèle à l’Aréopage, où, accusée de pervertir la jeunesse athénienne, l’orateur Hypéride la sauve en déchirant sa tunique, Phryné attise les passions par sa beauté envoûtante mais aussi par ses caprices prométhéens. Elle part ainsi à la conquête de son indépendance en défiant la morale et l’autorité des hommes, à une époque où la place des femmes dans la société ne différait guère de celle des esclaves ou des animaux.

Helléniste de formation, Christophe Bouquerel fait le pari de la somme et du phrasé classique pour ériger cette fresque impressionnante, véritable défi aux lois de la narration. Conscient que le parcours de la divine hétaïre ne saurait être dissocié du contexte dans lequel il s’inscrit, l’auteur dresse le portrait de la société grecque du IVe siècle avant J.-C. alors en plein questionnement, parcourue de luttes intestines et de velléités hégémoniques. Poétique, délicate, sachant puiser dans la légende ce qu’il faut de souffle romanesque pour captiver le lecteur, la langue vient adoucir la cruauté du sort de Phryné et rendre intelligible, palpable, un monde souvent relégué à de lointains souvenirs de cours d’histoire (même si la crise de la société grecque de cette époque n’est pas sans rappeler les attaques que connaissent nos démocraties contemporaines, en quête de renouveau). À l’origine de chefs-d’œuvre de marbre et de pigments, cette figure mythique qui n’en a pas fini de fasciner peut désormais s’enorgueillir de toucher au cœur par la plume.

Laëtitia Favro – Le Journal du Dimanche

dimanche 17 mai 2015

Le premier compte-rendu

Ouiiiii, hi hi, les libraires lisent plus vite que les journalistes! Merci M. Pascal Thuot, de la Librairie Millepages. Je ne vous connais pas mais votre compte-rendu me fait très plaisir (parce qu’il est le premier et… qu’il est positif)! Joie pour un auteur de constater que ses intentions ont bien été comprises et, je dirais, ressenties par un lecteur.

Coups de coeur Millepages Librairie

A la recherche de la première femme nue

« Oui, voilà, je le sais maintenant, je le vois, c’est bien ainsi que commence la rencontre du sculpteur hanté et de la pute mutique : par un fragment de visage offert au soleil. Par deux éclats différents de solitude. Par une toute petite étincelle de sens entre deux pierres dures avant le grand incendie. »

A l’heure où l’enseignement des lettres et cultures classiques est remis en question, à l’heure où, hélas, il faut encore se battre en faveur de l’égalité hommes-femmes, ce roman d’une folle ambition, d’une incroyable érudition tombe à point nommé.

Athènes au siècle de Socrate et Platon, au temps des plaisirs de la chair et de la philosophie. La gloire du temps de Périclès s’est éteinte pour laisser place aux guerres intestines.
Christophe Bouquerel s’empare du destin de Phrynê, « la princesse crapaud », esclave vouée à la prostitution, douée d’une beauté magnétique qui subjugua le sculpteur Praxytèle et les jeunes loups athéniens. Dans une période en pleine mutation, cette femme dont l’image se confondra petit à petit avec celle d’Aphrodite deviendra une femme libre, riche et influente.

L’âme de la Grèce antique est là, au coeur de cette fresque épique et politique dont la sensualité gagne le lecteur comme une fièvre. Christophe Bouquerel restitue dans un style ample et dru la transe vengeresse d’une femme opprimée qui finit par donner naissance à sa propre légende en se hissant au niveau de la divinité qu’elle inspira.

Un roman fleuve qu’on lit comme on vit une grande aventure !

Mr Pascal Thuot

https://www.librest.com/nos-lectures/la-premiere-femme-nue,2611482-0.html