La vision ironique que se fait James Blake de la célébrité et de sa perte. J’aime bien le contraste entre l’élégante mélancolie de la chanson, que j’écoute en boucle depuis plusieurs jours, et l’auto-dérision du clip, que je découvre ce soir.
Margaret Atwood y parle de son journal qu’elle tient régulièrement. En relisant la période concernant l’écriture et la publication de son roman, elle constate avec humour qu’elle y trouve des « pleurnicheries » habituelles d’écrivain épuisé par le labeur mais aucune réflexion sur la structure ou les intentions du chef d’oeuvre qu’elle est en train de créer. Elle n’a pas besoin de s’interroger sur ce qu’elle écrit tant elle est sûre d’elle-même.
Mais, quelques pages plus loin, elle évoque les trois choses qui l’ont longtemps intéressées et « qui se sont assemblées durant l’écriture de ce livre ». Je suis frappé par cette phrase : ces intérêts esthétiques, politiques, sociaux, ils s’assemblent d’eux-mêmes, sans peut-être que l’autrice en soit tout à fait consciente, dans le processus d’engendrement du texte qui lui paraît pourtant si évident qu’elle ne l’interroge pas sur le moment.
Ce vendeur du Vieux Campeur spécialisé dans les sacs est vraiment un expert : il porte même un masque avec une poche spéciale barbe, dont il explique volontiers le fonctionnement.
Les pas lents d’un homme qui marche Qui marche depuis longtemps, qui marche depuis toujours L’Exilé Le bruit de la mer sur le rivage Le bruit du sang sur les tempes Le bruit du temps L’Exilé marche vers son but Malgré tout, malgré nous Jusqu’au jour lointain où il l’atteindra Parmi nous malgré nous
L’article de Qobuzz m’apprend que, pensant à la crise des migrants, Richter a réorchestré « Singulière Odyssée », composé pour les chorégraphes du Nederland Dans Theater, et certains autres de ses morceaux anciens. Il a confié sa musique au Baltic Orchestra : celui-ci rassemble « des musiciens issus de pays entourant la mer Baltique, brisant les lignes des anciens blocs de l’Est et de l’Ouest, et qui jouent de mémoire, sans partition ».
Vive le sport collectif! 🤾♀️🏐⛹🏽♂️ Vive l’EPS! 🇫🇷🥇🥈🥉 Le succès de nos @EquipeFRA#BHV illustre la qualité de l’enseignement de ces sports à l’école. Saluons le travail des enseignants d’EPS et la bonne collaboration avec les fédérations @FranceOlympiquehttps://t.co/3M4xXkMiRN
Mon ami le Bûcheron se félicite que des sportifs de haut niveau réagissent pour protester (même en massacrant l’orthographe). « Mais, ajoute-t-il, si vous connaissez des profs d’EPS, vous pouvez aussi leur demander ce qu’ils pensent de ce tweet : juste pour voir s’ils vont plus ricaner ou hurler de rage… »
Des plans de fou, à la Carax. Des séquences virtuoses, qui ne sont pas gratuites (ce que l’on pouvait jusque là lui reprocher) mais qui servent l’histoire. Les deux plans séquences shakespeariens du prologue et de l’épilogue. Les envolées à moto. La tempête. La séquence où la soprano s’égare dans la forêt. Le récit par le comique du meurtre de sa femme (le moyen qu’il invente fait qu’on se tient en équilibre sur le fil entre le tragique et le grotesque). Le duo final entre le père et la fille, si implacable. Evidemment le jeu sur la représentation de l’enfant (je n’en dis pas plus).
Rien que de repenser à ce film ma bouche s’arrondit de stupeur.
Ces quatre hommes ne décident pas seulement de se mettre à boire pour obtenir le taux d’alcoolémie qui leur permettra de supporter leur ennui, ou de dépasser leurs inhibitions. Ils cherchent un moyen (pourquoi pas celui-là, plus dangereux mais plus rapide qu’un autre ?) de redonner de l’intensité à leur vie, une fois atteint les quarante ans, les cinquante, les soixante, le toboggan lent.
Le mari et la femme se retrouvent pour un week-end de randonnée au bord d’un lac. Ils se retrouvent sous une tente à faire l’amour. En se retrouvant, ils découvrent à quel point ils se sont manqués.
Il accepte de danser pour la première fois depuis des années. Il ne danse pas seulement pour fêter la réussite de ses élèves réunis autour de lui, mais pour dire adieu à son ami disparu, et pour dire bonjour à lui-même, qui était disparu et qui peut être retrouvé. Pour montrer qu’il peut être de nouveau gracieusement, pathétiquement aussi, mais souverainement, là. Cette danse ne peut pas s’arrêter court, par un banal salut. Elle ne peut que s’achever dans un saut de l’ange, qui serait un saut de l’homme.
En découvrant cette séquence finale, tes poils se hérissent, tu te dis que tu vois là l’un des plus beaux moments de cinéma de toute l’année 2020 ou 21 (tout s’est arrêté). Ou de l’histoire? Et qu’elle dit quelque chose d’évident et d’encore trouble sur ton état d’esprit, sur celui de beaucoup d’Européens, autour de toi. Ce comédien, Mads Mikkelsen, qui porte tout ça, qu’il ne pouvait pas encore savoir, sur ses épaules et qui le balance, est prodigieux.
Nous nous arrêtons ensuite dans un petit café-librairie au creux de la rue de l’Ecole de Médecine. Il fait doux. C’est le lieu et le moment idéal pour discuter de ce film de retrouvailles.
A retrouver cette scène, un an après, même émotion.
Je découvre ce film de Tarentino deux ans après sa sortie. Etant donné que j’en ai entendu dire du mal par des amis, qui l’ont trouvé un peu trop long et ennuyeux, je suis surpris en bien.